Camp Boiro : Le testament glaçant de Diallo Telli

Un document ,(certes déjà publié) écrit de sa cellule du camp boiro, par l’une des plus célèbres victimes du régime de Sekou Touré .     Le premier secrétaire général de l’organisation de l’unité africaine aborde des sujet brûlants qui reste et demeurent ,près d’un demi siècle après les préoccupations majeures des guinéens.
En février 1977 ,à la limite de vie a confié à son ami et compagnon de prison, l’ingénieur Kaba Noumouké quelques réflexions de caractère politique. M Kaba libéré, est décédé quelques semaines après .Néanmoins ,il avait réussi à faire parvenir ce texte poignant à un journal qui l’avait publié à l’époque.

LOUPEGUINEE.COM. le reproduit Pour l’histoire.
Camp Boiro, février 1977.
<<Personne ne s’étonnera que des lieux sinistres où je me trouve, dans l’attente d’une mort toute proche, j’exprime sur les destinées de I’AFRIQUE des sentiments mélancoliques. Non point en raison de l’indifférence paisible dans laquelle l’opinion et les dirigeants du continent m’abandonnent ,mais parce-que j’aime cette Patrie commune des arabes et des nègres, tous issues de la plus vieille et de la plus vibrante sève de l’humanité.

Cette patrie qui témoigne de son éternité par les Pyramides d’Égypte ou les légende du Soudan s’imposera ,avant longtemps, comme la puissance de l’avenir, la chance et refuge dernier de l’humanité. Pour l’heure, elle doit triompher de l’anarchie, de l’immaturité et de ses frayeurs juvéniles et bavardes devant les défis contemporains et les puissance du moment. Pour avoir été toute une vie durant et a des degrés divers, son serviteur , je ne vois qu’une
voie de salut à l’AFRIQUE:UNITÉS.

Il s’agit ici non pas une unité de façade soutenue par des supercherie verbales, mais d’une dynamique institutionnelle qui gomme les plus artificielles de nos frontières et restitue à des régions entières leur parenté naturelle de concevoir et d’organiser des destins communautaires.
L ‘Afrique, la mère partie de 400 million d’âmes ,ne peut et ne doit pas se contenter d’accoucher d’une soixantaine des nations minuscules, orphelines et rachitiques.

Tel est l’avis, certes fragile au regard des circonstances ,de l’ancien secrétaire général de L’organisation de L’unité africaine, l’OUA.
De 1964 à 1972, mon ardeur combattante n’a eu d’autre motivation ni d’autre inspiration que ma foi inaltérable en la communauté de sort historique de nos peuples éparpillés pour être contraints a mendier leur droit d’existence…

Et, deçà de cette vision continentale , des frères guinéens et africains ,et des amis de partout m’ont reproché et me reprochent encore une imprudence à leur avis enfantine : mon retour en Guinée en 1972. Je conviens qu’il s’agit bien d’une imprudence, je voudrais rassurer les uns et les autres : je l’ai commise dans la plus parfaite lucidité.
A chaque moment important de la vie d’un homme, il est appelé à opérer des choix qui le situent entre le hasard et nécessité. Dans mon cas ,il est superflu de dire que je savais Sékou Touré capable des cruautés les plus insensées ,ni que j’étais pour lui une cible rageusement recherchée.

Aujourd’hui ,il a pleinement atteint son objectif; il ne dépend plus que de lui ,que je meure dans quelques heures ,dans quelques jours ou dans quelques mois. Je suis battu ,torturé ,affamé, insulté par de médiocres geôliers, mais je garde intacte ma sérénité spirituelle et ma foi en ALLAH.

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