Le 8 mars de chaque année, l’humanité célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Cette journée est dédiée à l’expression des revendications des femmes et à la défense de leurs causes. Interrogée sur ce sujet par notre rédaction, ce mardi 4 mars 2025, Dr Makalé Traoré, l’une des trois facilitatrices du cadre de dialogue instauré par le Chef de l’État, a rappelé le rôle prépondérant qu’a joué la gente féminine de l’indépendance à nos jours, mais qui, regrette-t-elle, n’a pas été récompensée à la hauteur de ses efforts.
Selon elle, cette émancipation des femmes évolue en dents de scie. La présidente d’honneur du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (REFAMP) reconnaît tout de même les efforts des différents chefs d’État guinéens dans la promotion et l’émancipation des femmes.
« Avant tout, je voudrais souhaiter une bonne fête à l’ensemble des femmes, qui sont très courageuses et ont beaucoup fait pour ce pays. Cependant, elles ne sont malheureusement pas récompensées à la hauteur de leurs efforts.
En ce qui concerne l’émancipation des femmes en Guinée, cela évolue en dents de scie. Elles ont joué un rôle déterminant pour l’indépendance de notre pays.
Après l’indépendance, le premier président de la République, feu Ahmed Sékou Touré, a donné une place prépondérante aux femmes. Parmi elles, on peut citer Jeanne Martine Cissé, qui a été la toute première et seule femme à avoir dirigé le Conseil de sécurité des Nations Unies. Il a fallu une volonté politique pour qu’elle soit nommée à ce poste pour représenter la Guinée, et elle l’a fait avec brio.
Ensuite, le deuxième régime, qui était militaire, sous le président Lansana Conté, a également permis une certaine ouverture aux femmes, avec la promotion de plusieurs d’entre elles. Cependant, une de ses déclarations malencontreuses a ralenti cette dynamique d’émancipation. Puis, sont arrivés des moments de troubles (le coup d’État avec Dadis, l’arrivée de Konaté pendant cette transition), suivis du président Alpha Condé.
Il ne faut pas ignorer le combat des femmes leaders au fil des années. Lors du 66e anniversaire de notre indépendance, 66 femmes ont été honorées. C’était une fête dédiée à la femme guinéenne, un beau geste que nous avons salué.
Aujourd’hui, il y a une volonté du Président Mamadi Doumbouya de donner plus de place aux femmes. On constate souvent que, si les premiers responsables ne sont pas des femmes, les seconds le sont.
Nous pouvons considérer qu’il y a un élan, et cet élan doit être encouragé. Pour cela, nous devons féliciter l’actuel président de la République », a déclaré l’activiste.
Concernant l’autonomisation des femmes, Dr Makalé Traoré estime que les mécanismes budgétaires, les programmes de développement et les politiques ne sont pas encore suffisamment volontaristes pour permettre leur pleine autonomie. « Néanmoins, elles se battent, se lèvent tôt et se couchent tard. Je milite pour que le travail des femmes au foyer soit pris en considération. Elles se consacrent corps et âme à l’éducation de leurs enfants, en plus des tâches ménagères (cuisine, vaisselle, lessive…). Je pense que cela devrait être étudié et pris en compte dans les années à venir. » Elle encourage donc ces femmes à poursuivre le combat pour la défense de leurs droits.
« Nous avons combattu et nous continuerons de le faire pour que les femmes chargées du genre soient présentes dans les cabinets ministériels, que les femmes leaders puissent davantage participer aux instances de prise de décision, que la scolarisation des jeunes filles soit une priorité de développement, et que les violences basées sur le genre puissent connaître une fin.
C’est un combat que les femmes ont mené », a conclu la présidente d’honneur de la Coalition des Femmes et Filles de Guinée pour le Dialogue, la Consolidation de la Paix et le Développement (COFFIG).
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