La goutte, une maladie chronique qui affecte le métabolisme de l’acide urique, reste largement sous-estimée, tant dans le milieu médical que par le grand public. Pour approfondir notre compréhension de cette pathologie et de ses implications, nous avons interviewé le Dr Ismaël Diallo, spécialiste en rhumatologie, qui nous éclaire sur ses causes, ses effets et les mesures préventives.
Qu’est-ce que la goutte, et pourquoi est-elle si fréquente aujourd’hui ?
La goutte est une forme d’arthrite due à l’accumulation d’acide urique dans l’organisme. Ce dernier provient de la dégradation des purines, substances présentes dans certains aliments comme la viande rouge, les fruits de mer et l’alcool. Lorsque le taux d’acide urique dans le sang est trop élevé (hyperuricémie), des cristaux se forment au niveau des articulations, souvent au gros orteil, provoquant des douleurs soudaines et intenses. Si elle n’est pas traitée, la goutte peut entraîner des complications graves, comme une atteinte rénale sévère.
Quels sont les principaux facteurs de risque ?
Dr Diallo : Les facteurs de risque incluent une alimentation riche en purines, l’obésité, une consommation excessive d’alcool, ainsi que certaines maladies comme le diabète et l’hypertension. Il existe également une prédisposition génétique. Par ailleurs, certains médicaments, comme les diurétiques, augmentent le risque d’hyperuricémie.
Quels sont les symptômes de la goutte ?
Dr Diallo : Le symptôme le plus fréquent est une inflammation aiguë et douloureuse de l’articulation du gros orteil (monoarthrite aiguë). Cependant, d’autres articulations peuvent être touchées, comme les chevilles, les genoux ou les poignets. Sans traitement, des dépôts d’acide urique (tophus) peuvent apparaître sous la peau et dans les reins, entraînant une insuffisance rénale.
Quelle est la prise en charge de la goutte ?
Dr Diallo : Le traitement repose sur deux axes : soulager la douleur lors des crises et prévenir les récidives. Lors des crises, des anti-inflammatoires, de la colchicine ou des corticostéroïdes sont prescrits. À long terme, des médicaments hypouricémiants, comme l’allopurinol ou le fébuxostat, permettent de maintenir un taux normal d’acide urique. Toutefois, un changement de mode de vie, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, est indispensable.
Quels conseils donneriez-vous pour prévenir la goutte ?
Dr Diallo : Adopter une alimentation pauvre en purines, éviter les viandes rouges, les fruits de mer et l’alcool, et boire beaucoup d’eau pour favoriser l’élimination de l’acide urique. La gestion du poids et une activité physique régulière sont également essentielles.
Bien que la goutte soit une maladie invalidante, elle peut être efficacement contrôlée avec une prise en charge précoce et adaptée. Comme le souligne le Dr Diallo, une vigilance accrue, notamment concernant l’alimentation, est primordiale pour prévenir les complications graves telles que l’insuffisance rénale. Sensibiliser le public à cette pathologie métabolique est essentiel pour améliorer la qualité de vie des patients.
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