Sékou Dansoko, récemment nommé président du district de Séké Nafadji dans la commune rurale de Doko, a été évincé de son poste par le gouverneur de Kankan pour une raison qui soulève une vive polémique :
il est jugé « griot ». Cette situation met en lumière une forme insidieuse de discrimination sociale basée sur le statut et les origines de l’individu. Alors que le pays se veut démocratique et républicain, l’incident soulève des questions sur les préjugés persistants contre certaines catégories sociales en Guinée, et notamment les griots.
Sékou Dansoko, après avoir été nommé président du district de Séké Nafadji, se retrouve rapidement confronté à des accusations humiliantes. En l’espace de deux mois seulement, une décision du gouverneur de Kankan a mis fin à son mandat, motivée par le simple fait qu’il était perçu comme « un griot ». Une appellation qui, au-delà de sa connotation culturelle, porte encore une charge de discrimination sociale dans certaines régions.
Dans un entretien avec nos confrères de Guineematin.com le 14 mars 2025, Sékou Dansoko exprime sa profonde déception face à cette éviction et dénonce une situation qu’il considère comme une injustice. « Ils m’ont dit que j’étais un griot, et c’est ce qui m’a complètement dépassé », confie-t-il, visiblement amer.
Cette situation semble refléter un préjugé profond contre ceux issus de milieux traditionnels, où le rôle de griot, bien qu’essentiel dans la préservation de la culture et de l’histoire, est encore perçu négativement dans certaines sphères de la société.
L’accusation de Sékou Dansoko ne s’arrête pas là toujours au micro de nos confrères , selon ses dires, des proches du préfet de Siguiri lui auraient demandé une somme conséquente de 28 millions de francs guinéens en échange de son retour au poste.
Un acte qui, selon lui, constitue une double violence : non seulement sociale, en raison de sa condition de griot, mais aussi économique, avec la demande d’une somme importante pour une reconduction dans ses fonctions.
L’incident soulève des questions cruciales sur la place des griots dans la société guinéenne. Ces personnes, souvent vues comme des porteurs de la mémoire et de la tradition orale, continuent d’être stigmatisées et marginalisées dans certaines structures administratives et sociales. Le préjugé social à leur encontre, en tant que dépositaires de traditions et de récits anciens, demeure un obstacle majeur à leur épanouissement personnel et professionnel.
Face à cette situation, Sékou Dansoko interpelle les autorités compétentes et lance un appel désespéré au ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation pour que cette affaire soit prise au sérieux. « C’est vraiment grave », ajoute-t-il, conscient des conséquences de cette discrimination sur sa carrière et son avenir.
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