À quelques jours de la 17e édition des 72 Heures du Livre placée sous le thème « La puissance féminine », la rédaction a recueilli l’avis de l’écrivain Abdourahmane Sénateur Diallo, auteur du roman « Nations Enchantées » (Innov Édition Guinée, 2021). Une voix jeune mais déterminée qui plaide ardemment pour une révolution littéraire en Guinée, portée par la jeunesse.
« Le livre fait voyager. La lecture structure l’esprit et permet l’apprentissage », rappelle-t-il avec conviction. Pour lui, lire n’est pas un luxe, c’est une urgence.
Une jeunesse éloignée de la lecture
À la question de savoir comment inciter la jeunesse guinéenne à lire, l’auteur est formel : « La jeunesse est à l’image de sa société. Et aujourd’hui, elle est plus attirée par les loisirs festifs que par les livres. »
Selon lui, la solution passe d’abord par l’action concrète : « Il faut réduire les cérémonies et créer plus de bibliothèques. Savez-vous que plus de 80 % des bibliothèques préfectorales du pays sont fermées ? Je l’ai constaté moi-même lors d’une tournée nationale. C’est incroyable ! »
Une proposition forte : une bibliothèque dans chaque école privée
Pour inverser la tendance, Abdourahmane Diallo lance une proposition choc : imposer une bibliothèque dans chaque école privée du pays. Il appelle aussi à soutenir les initiatives citoyennes qui militent en faveur de la lecture.
« Une jeunesse lucide peut éviter des chemins risqués à sa société. Mais cette lucidité ne vient pas des travers, elle naît du savoir, donc de la lecture », affirme-t-il.
Une liberté construite par les livres
Le message de l’auteur à la jeunesse est limpide : « Si la lecture est un loisir pour certains, pour vous, elle doit être un chemin vers la liberté : la liberté de penser, de s’exprimer avec justesse, guidée par la lumière des livres. »
Un constat pourtant amer : « Les jeunes écrivent, mais lisent peu. » Il appelle donc à un double engagement : produire, mais aussi consommer la littérature.
Appel à un sursaut national
Abdourahmane Diallo interpelle enfin les autorités guinéennes. « La Guinée a des auteurs brillants, mais pas de culture de lecture. Il faut une vraie politique nationale du livre, avec des moyens, de la passion et un système éducatif réorienté vers la lecture. »
Il préconise également une réforme des programmes scolaires, en intégrant l’étude approfondie d’œuvres littéraires, évaluée par des examens exigeants : « Il faut aller au-delà du folklore. »
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