Le conflit entre éleveurs et agriculteurs en Guinée forestière a franchi un seuil critique. Ces derniers jours, les violences ont explosé dans les sous-préfectures de Guéassou et de Lainé, dans la préfecture de Lola. Le bilan est glaçant : trois personnes tuées et plus de 600 bœufs abattus. Une situation chaotique.
Sur place, la panique est générale. Des familles fuient, des campements sont désertés. Des dizaines d’éleveurs maliens et guinéens ont quitté la région pour échapper à l’escalade de la violence.
Les récits des témoins sont accablants. Selon un éleveur ayant requis l’anonymat, les attaques se produisent surtout la nuit :
« Ils arrivent armés, tirent pour effrayer, puis tuent les bœufs. Parfois même en plein jour. Ce sont les villageois eux-mêmes. »
Les assaillants, selon plusieurs sources, n’épargnent ni les bêtes ni leurs propriétaires. Maliens ou guinéens, tous sont pris pour cible. Pire encore, la viande des bœufs tués serait récupérée et emportée, transformant ces attaques en véritables pillages organisés.
Ce climat de peur a déclenché un exode massif vers la Côte d’Ivoire, notamment chez les éleveurs maliens.
« Là où j’étais, les Maliens sont partis. Maintenant, ce sont même les Guinéens qu’ils chassent », rapporte un témoin.
À l’origine, ces tensions découlaient d’accusations de dégâts causés aux cultures par les troupeaux. Mais aujourd’hui, le conflit semble avoir échappé à tout contrôle.
« Quand il y a des dégâts, les éleveurs paient. Mais ici, même quand les bœufs n’ont rien fait, ils les tuent », assure un autre éleveur, abasourdi.
La situation ne se limite plus à des pertes économiques. À Lainé, trois morts sont à déplorer, dont un proche collaborateur du président des éleveurs locaux.
Cette flambée de violences met en lumière une réalité brutale : l’absence d’intervention rapide de l’État pourrait ouvrir la voie à un conflit ethnique de plus grande ampleur. Des voix s’élèvent pour appeler à une action immédiate des autorités afin de désamorcer cette crise rurale.
Les éleveurs réclament protection, les agriculteurs dénoncent des intrusions. Le dialogue est rompu. Si rien n’est fait, ce drame pourrait bien n’être que le début d’une spirale infernale.
18 juin 2025
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