Le sol guinéen a vibré cette semaine au rythme d’un évènement stratégique pour l’avenir du développement local en Afrique. Ouvert mardi dernier, le colloque international sur le financement du développement local par les ressources minières, placé sous la houlette de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Locales (ANAFIC), s’est poursuivi le mercredi 25 juin, avec en point d’orgue l’Assemblée générale élective du Réseau des Institutions Africaines de Financement des Collectivités Locales (RIAFCO).
Au terme de cette journée dense en débats et perspectives, la Guinée a été hissée à la tête du RIAFCO, une organisation panafricaine majeure dans la structuration financière des collectivités locales. Cette présidence, désormais incarnée par Sékou Mawa Touré, Directeur général de l’ANAFIC, consacre non seulement un leadership technique, mais aussi une reconnaissance politique de l’engagement guinéen pour une décentralisation efficiente, durable et inclusive.
De la Côte d’Ivoire à la Guinée : la continuité dans l’élan
Le président sortant, Fidel A. Yapi, représentant de la Côte d’Ivoire, a salué la maturité de cette transition :
« Vous héritez d’un chantier immense, mais structurant. L’Afrique vous regarde, à vous de transformer l’essai. »
Un message fort, dans un contexte où la décentralisation devient un levier stratégique de résilience économique et de paix sociale.
Une élection, un symbole : la refondation guinéenne saluée
Pour Sékou Mawa Touré, cette présidence est bien plus qu’un mandat :
> « C’est le couronnement des réformes entreprises sous le leadership du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. C’est aussi une reconnaissance internationale de notre volonté d’ancrer la décentralisation dans une gouvernance financière responsable. »
Et le nouveau président du RIAFCO ne s’est pas contenté de mots : il a présenté une feuille de route claire en huit priorités stratégiques, qui ambitionne de faire passer le réseau du statut de plateforme à celui d’acteur incontournable :
1. Ouverture aux pays anglophones, pour une couverture continentale intégrale ;
2. Plaidoyer renforcé pour des budgets plus ambitieux destinés aux collectivités ;
3. Synergie des expertises via le numérique et des échanges réguliers ;
4. Alignement sur les normes internationales de transparence financière ;
5. Innovation financière : obligations vertes, blockchain, financement participatif ;
6. Inclusion financière : focus sur le crédit vert et à impact social ;
7. Partenariats internationaux structurants avec les grands bailleurs ;
8. Visibilité accrue du RIAFCO dans les instances internationales.
Une vision partagée pour une Afrique décentralisée et souveraine
Clôturant le colloque, Mohamed Sikhé Camara, Secrétaire général du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, a rappelé l’importance stratégique de ce leadership :
« La présidence du RIAFCO par la Guinée est une responsabilité historique. Elle traduit notre volonté de faire des ressources minières un moteur de justice territoriale et d’inclusion. »
Dans un appel vibrant à l’action, il a insisté sur l’urgence de transformer les recommandations du colloque en projets tangibles, soulignant l’enjeu : faire des ressources africaines un levier de souveraineté locale et continentale.
En reprenant la tête du RIAFCO, la Guinée ne se contente pas de présider une institution. Elle incarne l’ambition d’une Afrique des territoires, capable de maîtriser ses richesses, de penser son financement autrement, et de bâtir un développement qui part du bas… pour hisser tout le continent vers le haut.
Le local comme matrice du panafricain. Le minier comme moteur du développement. Le RIAFCO comme boussole.
Conakry 26 juin 2025
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