Le bras de fer entre le principal parti d’opposition guinéen, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), et le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), s’intensifie à la veille d’un congrès crucial pour l’avenir du parti. À travers une réponse ferme et sans équivoque, le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, rejette catégoriquement la demande de suspension du congrès extraordinaire prévu pour le 6 juillet prochain, qualifiant cette exigence d’”illégale”, de “partialité manifeste” et d’atteinte grave aux libertés politique
Sous prétexte de préserver l’ordre public, le MATD tente de faire obstacle à une manifestation politique interne validée par une décision judiciaire irrévocable.
Une manœuvre que l’UFDG interprète comme une ingérence flagrante du pouvoir exécutif dans la vie des partis politiques, en violation des principes fondamentaux du pluralisme démocratique.
Cette tentative d’entrave s’appuie sur les revendications d’un groupe interne marginal, le soi-disant “Mouvement des Réformateurs”, que l’UFDG qualifie de “groupuscule instrumentalisé”, sans base juridique ni légitimité interne. Pour beaucoup, il s’agit d’un écran de fumée destiné à justifier une action politique ciblée contre un parti qui demeure l’un des principaux contre-pouvoirs dans le paysage politique guinéen.
Ce nouvel épisode illustre la fragilisation inquiétante des droits d’opposition sous le régime de transition. Alors que le pays est censé préparer un retour à l’ordre constitutionnel, les signaux envoyés par les autorités donnent à penser que l’arbitraire administratif tend à supplanter l’État de droit. Des observateurs dénoncent un climat politique de plus en plus répressif, où le “risque de trouble à l’ordre public” devient un prétexte pour museler la voix dissidente.
L’UFDG par la Voix de son président réaffirme le droit inaliénable du parti à s’organiser librement, conformément à la législation en vigueur et à la décision de justice ayant validé la convocation du congrès. Le message est clair : “aucune autorité, aussi politique soit-elle, ne saurait s’arroger le droit de dicter l’agenda interne d’un parti légalement constitué.”
En insistant sur la tenue du congrès le 6 juillet, le parti joue la carte de la légitimité et du droit face à la force et à l’intimidation. La confrontation politique semble désormais inévitable, à moins d’un revirement in extremis du pouvoir en place.
Au-delà du cas de l’UFDG, c’est l’ensemble des libertés politiques en Guinée qui se trouve à l’épreuve. Ce conflit pose une question centrale : la transition en cours va-t-elle aboutir à un réel renforcement de l’État de droit ou glisser vers une consolidation autoritaire masquée sous les habits d’un ordre transitoire ?
À l’approche d’éventuelles échéances électorales, la réponse du pouvoir à cette crise interne sera un baromètre décisif de son engagement – ou non – en faveur d’une transition démocratique véritable et inclusive.
Conakry 30 juin 2025
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