Depuis quelque temps, une tendance alarmante se dessine en Guinée : une partie de la jeunesse se tourne massivement vers la consommation de drogues, en particulier le Kush. Cette substance, de plus en plus répandue à Conakry, continue de faire des ravages.
Dans un entretien accordé à notre rédaction ce mardi 1er juillet 2025 à Conakry, le président de l’Alliance pour le Changement et le Progrès (ACP), Dr Ben Youssouf Keita, a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers de cette drogue auprès de la jeunesse guinéenne.
> « Le Kush, d’origine indienne mais produit artisanalement en Sierra Leone, est une drogue extrêmement dangereuse. Elle est neurotoxique, agit comme un stupéfiant destructeur du cerveau humain en raison de ses composants chimiques, parmi lesquels des alcaloïdes, du tramadol et parfois même du formol. Ce mélange mal dosé est un véritable cocktail explosif pour la santé des consommateurs. Les effets incluent la perte de lucidité, la somnolence, les hallucinations, l’automutilation et, dans les cas extrêmes, le suicide », a-t-il alerté.
Selon l’homme politique, les conséquences de cette consommation sur les jeunes sont dramatiques pour l’avenir de la nation.
> « Cette drogue détruit la santé physique et mentale de nos jeunes, principalement ceux âgés de 20 à 40 ans, dont 90 % sont des garçons. C’est une menace directe pour notre développement », a-t-il insisté.
Évoquant la chicha, Dr Keita a également dénoncé sa banalisation chez les jeunes :
« Issue de la culture arabe, la chicha est hautement nocive pour les poumons. Celle consommée ici est souvent mélangée à des substances chimiques, ce qui aggrave ses effets. Une seule bouffée équivaut à dix cigarettes. Entre chicha, cigarette, marijuana et cocaïne, la frontière est rapidement franchie. Ces produits ouvrent la voie à des maladies graves, comme le cancer du poumon », a-t-il averti.
Des recommandations concrètes aux autorités
Face à cette situation préoccupante, Dr Keita a formulé plusieurs recommandations à l’endroit des autorités guinéennes. Il plaide pour :
La construction urgente d’un centre de désintoxication à Conakry, capable de prendre en charge efficacement les consommateurs de drogue ;
La formation et l’équipement adéquat du personnel médical, afin de mieux accompagner les toxicomanes ;
Le renforcement des projets HIMO (Haute Intensité de Main-d’œuvre) par le ministère de la Jeunesse, pour occuper les jeunes désœuvrés et réduire le chômage – l’un des facteurs majeurs poussant les jeunes vers la drogue.
Enfin, Dr Keita appelle le gouvernement à renforcer la lutte contre les trafiquants de drogue et à redoubler de vigilance aux frontières terrestres et maritimes du pays.
« Il est temps d’agir. Ce fléau tue nos enfants et détruit l’avenir du pays. L’État doit prendre ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il conclu
Conakry 3 juillet 2025
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