Dans un entretien accordé à Loupeguinee.com ce lundi 7 juillet 2025, le Professeur Lamarana Petty Diallo, membre du mouvement des réformateurs au sein de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), s’est exprimé sur des sujets majeurs de l’actualité sociopolitique : le report du congrès de l’UFDG, le non-recensement de Cellou Dalein Diallo, et le choix du septennat dans le projet de nouvelle constitution.
Quelle est votre réaction face au report du congrès de l’UFDG ?
Ce report est conforme au droit. L’UFDG est un parti agréé par l’État, donc soumis aux décisions du ministère de tutelle, le MATD (Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation).
Malheureusement, le camp de Cellou Dalein Diallo manipule les lois, les procédures et les textes statutaires du parti. Pour eux, tout ce qui ne vient pas d’eux est systématiquement considéré comme une attaque. Ils voient des ennemis partout : à l’intérieur du parti, dans les institutions nationales, au gouvernement, et même au CNT.
Nous faisons face à un parti désorienté, qui s’enfonce dans le conflit, l’arbitraire, l’agressivité et l’insolence. Aujourd’hui, l’UFDG ne respecte plus ses propres textes et préfère défier tout. Le président du parti est désormais pris en otage par un clan, tandis qu’une frange s’oppose à cette mainmise. Ce report, arraché au forceps, est la conséquence de cette situation. Ils sont moralement épuisés et harcelés de l’intérieur.
Concernant le dialogue, désormais, c’est à eux de venir vers nous. Nous avons usé de toutes les voies possibles pour organiser une rencontre, sans succès. Nous ne courrons plus derrière personne. Notre priorité reste le respect de l’État.
Le mouvement des réformateurs, quant à lui, poursuit son travail de fond. Nous mobilisons responsables et militants de l’UFDG dans la discrétion, pour sauvegarder les intérêts du parti, mais aussi assurer la sécurité de ceux qui nous rejoignent.
Quel est votre regard sur le non-recensement de Cellou Dalein Diallo ?
L’État guinéen a mis en place un calendrier précis, prorogé pour permettre à tous les citoyens de se faire recenser malgré les contraintes. Les conditions étaient réunies pour que chacun puisse accomplir cette obligation.
Cellou Dalein Diallo a attendu le dernier jour, puis s’est présenté accompagné d’un huissier. On peut légitimement s’interroger : à quoi s’attendait-il ? Était-ce une manœuvre médiatique pour faire croire qu’il a été empêché de s’enrôler ? La question mérite d’être posée. Pourtant, il avait toute la latitude pour se faire recenser plus tôt, comme tout citoyen responsable.
Accuser l’État ou les institutions est une solution de facilité. Il n’avait qu’à agir à temps, comme nous tous
Sur le projet de septennat présidentiel : “Ce n’est ni une nouveauté, ni un scandale”
Que pensez-vous du mandat présidentiel de 7 ans proposé dans la nouvelle constitution ?
Certains s’opposent systématiquement à tout, même quand il ne s’agit pas d’une nouveauté. Le septennat a déjà existé dans l’histoire politique guinéenne. Il ne pose aucun problème tant qu’il est validé par le peuple. C’est lui seul qui peut légitimer ce choix.
Dans plusieurs grandes démocraties, ce type de mandat a été expérimenté. La France, par exemple, n’est passée au quinquennat qu’à la fin du mandat de François Mitterrand, il y a une vingtaine d’années.Pour un pays comme la Guinée, avec des moyens économiques, financiers et industriels limités, sept ans offrent plus de marge pour planifier et achever des projets majeurs. En cinq ans, cela reste très difficile. Donc non, ce mandat n’a rien d’extraordinaire ni de dictatorial.
L’essentiel, c’est que les Guinéens s’expriment librement lors du référendum du 21 septembre. Le choix leur appartient.
Merci beaucoup pour votre disponibilité.
Pr. Lamarana Petty Diallo : C’est à moi de vous remercier.
Entretien réalisé par Marliatou Sall – Loupeguinee.com
Conakry 8 juillet 2025
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