Le gouvernement burkinabè réclame un “recentrage” des actions onusiennes pour les aligner sur la vision souverainiste du capitaine Ibrahim Traoré.
Les relations entre le Burkina Faso et les Nations unies connaissent un nouvel épisode de tension. Dans un courrier daté de fin juillet, le ministre burkinabè des Affaires étrangères a formellement demandé aux agences onusiennes de revoir la nature et l’orientation de leurs interventions dans le pays.
Selon le gouvernement, il est temps que l’ONU adapte sa présence à la ligne politique du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré. En ligne de mire : un “recentrage” des actions humanitaires et de développement autour de deux priorités affichées par le pouvoir burkinabè : la souveraineté nationale et la valorisation des compétences locales.
“Nous ne remettons pas en cause la coopération, mais elle doit désormais se faire selon nos règles”, confie une source proche du ministère des Affaires étrangères.
Une coopération à reconfigurer
Présente depuis des décennies, l’ONU intervient dans de nombreux secteurs au Burkina Faso : santé, éducation, sécurité alimentaire, soutien aux déplacés… Mais Ouagadougou estime que les programmes actuels ne répondent plus suffisamment aux exigences de la nouvelle orientation politique du pays.
Le capitaine Traoré, au pouvoir depuis septembre 2022, a fait de la rupture avec les schémas de dépendance un axe majeur de sa gouvernance. Cela s’est déjà traduit par un refroidissement des relations avec plusieurs partenaires occidentaux, et une montée en puissance des discours nationalistes et panafricanistes.
Une pression diplomatique calculée
Cette demande formelle adressée à l’ONU s’inscrit dans un mouvement plus large observé au Sahel. À l’instar du Mali et du Niger, les autorités burkinabè semblent décidées à réduire l’influence des acteurs internationaux jugés trop interventionnistes ou éloignés des réalités locales.
Si les Nations unies n’ont pas encore réagi publiquement, cette sortie de Ouagadougou pourrait relancer les débats sur la pertinence et la légitimité des missions onusiennes dans la région.
Dans un contexte sécuritaire toujours tendu et humanitairement fragile, la question reste posée : comment maintenir une coopération efficace sans heurter les ambitions souverainistes des régimes en place ?
Conakry 9 Août 2025
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