Le tout nouveau Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN), récemment institué par décret présidentiel en Guinée, a tenu sa première session officielle ce lundi dans la capitale, Conakry. Une rencontre hautement symbolique présidée par le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, qui a placé la sécurité nationale au cœur des priorités de la transition en cours.
Constitué des plus hautes autorités civiles et militaires du pays, le Conseil supérieur de la défense nationale vise à renforcer la coordination des politiques de sécurité et de défense, dans un contexte politique et institutionnel encore marqué par les soubresauts du changement de régime survenu en 2021.
Lors de cette session inaugurale, le Général de Division Amara Camara, Ministre Secrétaire général et Porte-parole de la Présidence, a procédé à la lecture des textes fondateurs du Conseil, rappelant à l’ensemble des membres « la légitimité et l’ampleur de leurs responsabilités ». Le ton était donné.
Dans son allocution, le Général Doumbouya a énoncé trois priorités stratégiques destinées à guider l’action des forces de sécurité et des institutions concernées dans les semaines à venir :
1. La responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans le secteur de la défense et de la sécurité ;
2. L’opérationnalisation des dispositifs sécuritaires, essentiels à la stabilité nationale et à la confiance citoyenne ;
3. La sécurisation du vote référendaire prévu le 21 septembre 2025, une échéance politique majeure dans le processus de transition vers un ordre constitutionnel.
« Ce n’est pas simplement une réunion, c’est un engagement solennel envers le peuple de Guinée », a déclaré le Président, selon le compte-rendu officiel diffusé par la Direction de la Communication et de l’Information (DCI). Il a également insisté sur la nécessité de garantir la paix publique, la protection des citoyens et la libre circulation des personnes et des biens à travers tout le territoire.
Présents aux côtés du Président : le Premier ministre, plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des responsables des forces de défense et de sécurité. Ce rassemblement inédit a aussi marqué une extension des travaux à la Commission nationale de défense et de sécurité.
Dans un contexte régional tendu, où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest sont confrontés à des défis similaires en matière de gouvernance sécuritaire et de transition politique, la démarche du Général Doumbouya s’inscrit dans une volonté de contrôle accru sur les dynamiques de sécurité intérieure, avec une attention particulière portée à la stabilité institutionnelle et à la préservation de l’ordre public.
Ce Conseil supérieur de la défense nationale pourrait ainsi devenir un organe central de pilotage stratégique en matière de sécurité, au moment où la Guinée s’apprête à franchir une étape déterminante de son histoire récente avec le référendum constitutionnel de septembre prochain.



