Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi à Conakry, l’acteur politique indépendant Samuel KOUROUMA a appelé à une évaluation « honnête et objective » de la situation des droits de l’homme en Guinée. Tout en annonçant son intention de briguer le poste de Directeur national de campagne du président Mamadi Doumbouya, il a invité les observateurs à comparer avec lucidité les deux dernières grandes périodes politiques du pays : la décennie du président Alpha Condé (2010-2021) et les quatre années de transition sous le Général Mamadi Doumbouya.
Des rappels chiffrés pour contextualiser le débat
« J’ai été acteur et témoin des onze années du régime d’Alpha Condé. Je suis donc bien placé pour en parler, sans chercher à dédouaner quiconque », a déclaré M. KOUROUMA devant un parterre de journalistes, adoptant un ton mesuré mais ferme.
Appuyant son propos sur des données qu’il qualifie de vérifiables, il a rappelé les exactions commises durant la précédente gouvernance :
« Au 5 septembre 2021, le parti UFDG comptait à lui seul plus de 700 prisonniers politiques, dont la plupart des responsables étaient incarcérés. En onze ans, nous avons connu plus de 200 morts, une fosse commune à N’Zérékoré, et la destruction de biens privés estimée à plusieurs milliards de francs guinéens. »
Selon lui, le climat politique actuel sous le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) se distingue par une amélioration notable du respect des libertés publiques.
« En quatre ans, je ne pense pas qu’un seul citoyen ait été victime de répression politique. Cela témoigne d’une évolution significative dans la gouvernance et dans le respect des libertés », a-t-il affirmé.
Un plaidoyer pour la responsabilité et l’objectivité
M. KOUROUMA a exhorté les médias nationaux et internationaux à poursuivre cette comparaison par eux-mêmes, convaincu que les faits démontrent une progression tangible.
« Oui, il y a eu quelques ratés, mais reconnaissons que les avancées sont réelles. J’encourage le pouvoir actuel à poursuivre sur cette voie d’amélioration. »
Cette prise de position intervient dans un contexte où la transition guinéenne, entamée en septembre 2021 après la chute d’Alpha Condé, fait toujours l’objet de débats sur la tenue des prochaines élections et la consolidation de l’État de droit.
Un regard critique sur la décennie précédente
Revenant sur la période antérieure, Samuel KOUROUMA a pointé du doigt les deux principales figures politiques de la scène guinéenne, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, qu’il accuse d’avoir instauré un climat de division et de méfiance nationale.
« Les véritables comptables de cette situation sont le président Alpha Condé et M. Cellou Dalein Diallo. Ensemble, ils ont instauré un système politique fondé sur la peur, la terreur et la manipulation communautaire », a-t-il dénoncé.
Selon lui, la posture actuelle des deux anciens rivaux, qu’il accuse de chercher à « déstabiliser le pays », s’inscrit dans la continuité de cette logique de confrontation.
« Par respect pour les victimes de cette période sombre, M. Cellou Dalein Diallo ne devrait pas s’associer à son ancien bourreau. Il devrait plutôt demander justice pour ces victimes », a-t-il conclu.
Vers un discours de réconciliation nationale ?
En plaçant la question des droits humains au cœur du débat politique, Samuel KOUROUMA tente d’imposer un discours de vérité et de responsabilité collective. Son intervention, empreinte d’un appel à la réconciliation nationale, intervient à un moment où la Guinée cherche à redéfinir son avenir politique après plusieurs décennies de turbulences.
Pour de nombreux observateurs, cette sortie pourrait marquer le début d’une recomposition du discours politique autour de la mémoire, de la justice et de la cohésion nationale.
Conakry 28 octobre 2025
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