À la veille du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO prévu le 14 décembre à Abuja, 17 organisations et mouvements de la société civile d’Afrique de l’Ouest ont publié une déclaration conjointe appelant l’organisation régionale à agir « sans délai » pour la publication des résultats des élections en Guinée-Bissau.
Dans ce texte, les signataires se disent « profondément préoccupés » par la situation politique dans le pays depuis la prise du pouvoir par les militaires le 26 novembre 2025. Ils estiment que les événements récents ne constituent pas un coup d’État classique, mais ce qu’ils qualifient de « complot d’État », qu’ils attribuent au président sortant Umaro Sissoco Embaló, en lien avec les forces armées. Ces accusations sont formulées par les organisations signataires et n’ont pas fait l’objet, à ce stade, de confirmations indépendantes.
Les élections présidentielle et législatives du 23 novembre 2025 avaient pourtant été saluées par plusieurs observateurs internationaux comme « apaisées, libres et transparentes », rappellent les organisations. Or, près de trois semaines après le scrutin, les résultats officiels n’ont toujours pas été proclamés, une situation que la société civile juge dangereuse pour la stabilité du pays.
Selon la déclaration, bien que certaines copies de procès-verbaux aient été détruites au siège de la Commission nationale électorale (CNE), d’autres exemplaires authentiques subsisteraient au niveau des Commissions régionales électorales et des gouvernorats. Les signataires affirment que ces documents, reconnus par la loi électorale bissau-guinéenne, permettraient légalement de proclamer les résultats.
Face à cette impasse, les organisations appellent la CEDEAO à maintenir la pression sur les autorités militaires afin qu’elles respectent « la volonté du peuple bissau-guinéen », à créer les conditions pour l’installation rapide du président élu et à envisager des sanctions ciblées contre les auteurs et complices présumés de ce qu’elles décrivent comme un complot contre l’ordre constitutionnel.
La déclaration s’adresse également directement aux autorités militaires de Guinée-Bissau, leur demandant la libération immédiate de Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure de l’opposition, ainsi que de toutes les personnalités politiques détenues « de façon arbitraire ». Elles les exhortent en outre à coopérer pleinement avec la CEDEAO et la communauté internationale en vue d’une investiture rapide du président démocratiquement élu.
Pour les signataires, la publication des résultats électoraux constitue « la seule voie » pour garantir une alternance pacifique, préserver la stabilité institutionnelle et éviter une nouvelle crise politique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest régulièrement confronté à des périodes d’instabilité.
Cette prise de position intervient à un moment clé, alors que la CEDEAO est attendue sur sa capacité à faire respecter les principes démocratiques et constitutionnels au sein de ses États membres.
Abuja 13 décembre 2025
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