Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 26 février 2026 au ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration et des Guinéens établis à l’étranger, le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté, a détaillé la position de Conakry sur la situation de ses ressortissants en difficulté à l’étranger, avec un accent particulier sur l’Allemagne.
Selon le ministre, environ 6 000 Guinéens se trouvent actuellement en situation irrégulière en Allemagne. Depuis son entrée en fonction, 120 d’entre eux seulement sont rentrés en Guinée, après avoir, dit-il, « épuisé toutes les voies de recours » dans le pays d’accueil.
Une ligne politique fondée sur l’épuisement des recours
Morissanda Kouyaté a réaffirmé une doctrine qu’il qualifie de « claire et constante » : la Guinée n’accepte le retour que des ressortissants ayant vu l’ensemble de leurs demandes rejetées, y compris les recours juridiques disponibles.
« Les seuls Guinéens que nous allons admettre ici sont ceux qui ont épuisé tous leurs droits dans le pays d’accueil », a-t-il déclaré, précisant que cela inclut les demandes d’asile déboutées à tous les niveaux.
Il a également évoqué la possibilité, pour certains migrants présents sur le territoire européen, de saisir la Cour européenne des droits de l’homme avant tout retour.
Pour Conakry, cette approche vise à éviter que des citoyens guinéens ne soient renvoyés sans avoir bénéficié de toutes les garanties juridiques prévues par le droit international et européen.
Refus des retours massifs par charter
Le ministre a par ailleurs indiqué que des partenaires européens auraient suggéré l’organisation de vols charters pour rapatrier des Guinéens depuis plusieurs pays d’Europe. Une option qu’il affirme avoir rejetée.
« On nous a demandé de créer des charters pour ramasser les Guinéens dans tous les pays d’Europe. J’ai dit non », a-t-il déclaré, soulignant que la dignité des ressortissants guinéens ne saurait, selon lui, être conditionnée à des considérations financières ou logistiques.
Cette position s’inscrit dans un contexte de coopération migratoire renforcée entre pays européens et États d’origine, notamment l’Allemagne, confrontée à une pression politique croissante sur les questions d’asile et de reconduite à la frontière.
« Fermeté et diplomatie »
Tout en revendiquant une ligne de fermeté, Morissanda Kouyaté a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue équilibré avec les partenaires européens. « Nous ne sommes pas isolés dans le monde. L’Allemagne n’est pas toute-puissante en Guinée, et nous ne le sommes pas là-bas », a-t-il affirmé.
Il a assuré que les discussions en cours visent à concilier respect des engagements internationaux, coopération bilatérale et protection des droits des citoyens guinéens.
Le ministre a enfin mis en avant ce qu’il présente comme des résultats concrets : 120 retours encadrés depuis le début de sa prise de fonctions, ainsi que la gestion de « situations délicates », évoquant notamment le cas d’un jeune expulsé de France qui aurait pu, selon lui, repartir avec un contrat à durée indéterminée.
À travers cette communication, Conakry entend afficher une position de principe : coopérer, mais sans renoncer à ce qu’elle considère comme le respect absolu de la dignité et des droits de ses ressortissants à l’étranger.
Conakry 26 février 2026
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