À Conakry, la situation des contractuels temporaires de l’administration publique guinéenne revient au centre des débats sociaux. Regroupés au sein d’un collectif représenté par leur coordinateur, Thierno Bailo Diallo, ces travailleurs dénoncent la précarité persistante dans laquelle vivent plusieurs centaines d’agents ayant pourtant servi pendant de longues années dans différents départements ministériels.
Selon le coordinateur, de nombreux contractuels sont actuellement rattachés au FUGAS et payés à travers les banques avec des rémunérations jugées insuffisantes face au coût de la vie en Guinée. « Nous demandons aux autorités le changement de notre statut afin de pouvoir assurer notre subsistance », plaide-t-il.
Les représentants des contractuels reconnaissent toutefois quelques avancées enregistrées ces derniers mois. D’après Thierno Bailo Diallo, près de 300 agents dont les salaires étaient bloqués ont finalement été rétablis dans leurs droits après des démarches entreprises auprès du ministère de la Fonction publique.
Il souligne également l’existence d’un vaste processus de “toilettage” des effectifs au sein de l’administration. Cette opération, menée par les autorités, visait à identifier les agents fictifs et à clarifier un fichier administratif considéré jusque-là comme peu fiable.
« Le fichier n’était pas clair, mais grâce aux efforts du ministère de la Fonction publique, un toilettage sérieux a permis aujourd’hui d’obtenir un effectif raisonnable pour envisager une régularisation », explique-t-il.
Malgré ces progrès, l’incertitude demeure autour du blocage administratif et financier qui touche encore plusieurs travailleurs temporaires. Les représentants des contractuels disent ne pas connaître les véritables raisons de cette situation, espérant néanmoins une issue favorable à la fin des contrats en cours.
Le collectif affirme avoir saisi le ministère de la Fonction publique afin que le dossier soit transmis au gouvernement et au président de la transition pour une solution définitive. Pour ces agents, la question dépasse désormais le simple cadre administratif et touche directement aux conditions de vie des familles concernées.
« Même avec 2 500 000 francs guinéens, on ne peut pas vivre correctement aujourd’hui en Guinée. Ce qui nous maintient encore, c’est l’espoir et le courage de servir la nation », déclare Thierno Bailo Diallo.
Selon les chiffres avancés par le collectif, plus de 1 000 contractuels temporaires seraient actuellement concernés par cette situation à travers le pays.
Les travailleurs espèrent désormais une décision politique pouvant conduire à leur intégration progressive dans la fonction publique guinéenne et mettre fin à plusieurs années de précarité.
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