La nuit devait être celle d’un simple trajet de retour. Elle s’est transformée en scène de terreur. Dans la nuit du mardi au mercredi 26 août 2026, un véhicule de transport en provenance du Sénégal a été pris pour cible par des hommes armés dans la localité de Kaaba, relevant de la sous-préfecture de Gougoudjé, dans la préfecture de Télimélé.
Selon les témoignages recueillis auprès des victimes, six hommes vêtus de tenues militaires ont tendu une embuscade au véhicule. Leur méthode, brutale et désormais redoutée sur certains axes de la région : ouvrir le feu sur les pneus pour contraindre les véhicules à s’arrêter, avant de dépouiller leurs occupants.
À bord du véhicule se trouvait notamment Mohamed Camara, qui revenait du Sénégal et se dirigeait vers Sangaréah, dans la préfecture de Pita. Quelques minutes avant l’attaque, plusieurs signes avaient pourtant alerté les passagers.
Une voiture de type Verso avait tenté de leur faire comprendre de s’arrêter. Puis un autre véhicule les avait dépassés à vive allure. Plus tard, deux motos sont apparues. Leurs occupants ont affirmé qu’un bagage était tombé du véhicule.
Le chauffeur n’a pas cédé. Il savait que les bagages étaient correctement attachés.
C’est alors que les tirs ont commencé.
Le premier projectile visant le pneu avant a manqué sa cible. Le second, tiré sur le pneu arrière, a immobilisé le véhicule. Les assaillants ont immédiatement fait sortir le chauffeur et les passagers, avant de leur ordonner de s’allonger face contre terre.
« À ce moment-là, nous n’avions plus aucun espoir de vivre », raconte Mohamed Camara.
Les hommes armés ont ensuite fouillé leurs victimes une à une. Argent, téléphones et objets de valeur ont été emportés. Mohamed Camara affirme avoir réussi à dissimuler son iPhone, mais son sac, qui contenait 400 000 francs CFA et 500 000 francs guinéens, ainsi que deux autres téléphones, lui ont été pris.
Une passagère a, elle aussi, été dépouillée. Elle détenait un million de francs CFA. Les assaillants l’auraient giflée avant de lui prendre son argent.
La violence ne s’est pas limitée au vol. Plusieurs passagers ont reçu des coups et essuyé des menaces de mort. Un Oustaz présent dans le véhicule aurait été particulièrement brutalisé. Son visage était enflé après l’agression, selon le témoignage recueilli.
Pendant plusieurs minutes, les passagers sont restés au sol, terrorisés, avec la consigne de ne pas relever la tête sous peine d’être abattus. Puis, après avoir fouillé le véhicule et récupéré ce qu’ils pouvaient, les assaillants ont pris la fuite.
Une série d’attaques qui inquiète
Cette nouvelle attaque intervient moins de 24 heures après un autre braquage survenu sur la route nationale Télimélé-Kindia.
Dans la nuit du lundi au mardi, vers 22 heures, un véhicule de transport en commun quittant le marché hebdomadaire de Kambanya, à Télimélé, pour rejoindre Kindia, avait été attaqué par des hommes armés circulant à motos.
Là encore, les assaillants avaient tiré sur les pneus pour forcer le véhicule à s’immobiliser en pleine brousse. Ils avaient ensuite dépouillé le chauffeur de 1,5 million de francs guinéens, avant de prendre de l’argent et des téléphones appartenant à plusieurs vendeuses qui regagnaient leur domicile après le marché.
Deux attaques en l’espace d’environ vingt-quatre heures, sur des axes fréquentés par des voyageurs et des commerçants, ravivent ainsi les inquiétudes sur la sécurité des déplacements dans cette partie de la Guinée.
Les victimes de la première attaque ont saisi la Brigade de recherches de la gendarmerie de Kindia. Une enquête a été annoncée afin d’identifier et de retrouver les auteurs.
Dans le même temps, une patrouille mixte réunissant des éléments de la police, de la gendarmerie et de l’armée sillonne la zone depuis environ 3 heures du matin. Les forces de sécurité ont pour mission de rechercher les assaillants, mais aussi de rassurer les usagers et de renforcer la surveillance des axes routiers concernés.
Pour les voyageurs, l’enjeu dépasse désormais la seule perte d’argent ou de téléphones. Sur ces routes où les déplacements nocturnes sont parfois incontournables, chaque coup de feu transforme un trajet ordinaire en épreuve de survie.
Bailo Baldé
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