À l’agence de la société Électricité de Guinée (EDG-SA) de Taouyah, les tensions ont manifestement atteint un niveau où même les disjoncteurs semblent avoir jeté l’éponge.
Après des violences physiques dont des agents auraient été victimes, EDG a décidé de répondre non pas par une coupure de courant, mais par une coupure judiciaire.
Ce jeudi 3 septembre 2026, la société a saisi le Tribunal de première instance de Dixinn d’une plainte visant le maire de la commune de Ratoma, Kabinet Diawara.
Selon la direction d’EDG, l’affaire ne serait pas le résultat d’un simple malentendu de quartier.
L’entreprise accuse le maire d’avoir planifié, préparé et exécuté des actes qu’elle qualifie d’« illégaux » et de nature à « choquer la conscience républicaine ».
Une formulation particulièrement sévère, qui laisse entendre que, cette fois, le problème ne se situe pas dans le réseau électrique mais quelque part entre l’autorité municipale et le Code pénal.
Le maire convoqué, le tribunal sous tension
Yaovi Afadoda, directeur des affaires juridiques et du contentieux d’EDG, a annoncé devant la presse qu’une citation directe avait été signifiée au maire par voie d’huissier.
Rendez-vous est donc fixé au 15 septembre à 9 heures devant le tribunal correctionnel de Dixinn.
La procédure, selon EDG, fait suite aux violences physiques subies par des membres de son personnel à l’agence de Taouyah. L’entreprise entend ainsi faire établir les responsabilités devant la justice.
Dans sa déclaration, le responsable juridique d’EDG n’a pas ménagé ses mots, évoquant des actes « planifiés, préparés et exécutés » par celui qui porte pourtant le titre de « premier magistrat » de la commune de Ratoma.
Autrement dit : pour EDG, le courant serait tellement mal passé qu’il a fini par emprunter la voie judiciaire.
Quand l’autorité municipale rencontre l’autorité judiciaire
L’affaire offre surtout une scène pour le moins singulière : un maire convoqué devant un tribunal à la suite d’un conflit impliquant le personnel d’une entreprise publique chargée de fournir l’électricité.
Dans un pays où les débats sur la qualité du service électrique sont déjà suffisamment électriques, voilà que la gestion des tensions locales ajoute une nouvelle étincelle.
Il faudra désormais laisser la justice déterminer ce qui s’est réellement passé, les responsabilités éventuelles et la qualification juridique des faits. Car entre les accusations d’EDG et la réalité judiciaire, il existe encore un câble essentiel : celui de la preuve.
Une audience est annoncée pour le 15 septembre. Ce jour-là, pas besoin de groupe électrogène pour savoir où regarder : la lumière sera braquée sur le tribunal correctionnel de Dixinn.
Et, pour une fois, à Taouyah, tout le monde espère surtout que le courant passe… entre les faits, la justice et la vérité.
Mbinty Soumah
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