L’affaire Aliou Bah continue de susciter des débats au sein de l’opinion publique. Ce jeudi 13 février, le collectif d’avocats constitué pour la défense d’Aliou Bah est monté au créneau pour dénoncer la détention, qu’ils qualifient d’arbitraire, de leur client, fustigeant ainsi une violation de ses droits.
En colère, Me Antoine Lamah rappelle que, selon lui, l’opposant est loin d’être un adepte de la violence.
« Monsieur Mamadou Aliou Bah n’est ni un brigand ni un délinquant. Il n’est pas un adepte de la violence. Il est en prison parce qu’il a eu le courage d’exprimer son opinion, de donner son analyse sur la conduite de la transition et la gestion de l’État. Pourtant, en tant que citoyen, doublé de sa qualité de leader politique, il est bien investi du droit d’écrire, d’analyser et de donner son opinion sur la gestion du pays. Malheureusement, cela lui a valu son interpellation et son incarcération… Cela s’interprète comme une détention arbitraire.
Vous savez, la liberté d’opinion et d’expression est consacrée par le second alinéa de l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme », a martelé Me Pépé Antoine Lamah, avant de poursuivre : « Ce que la loi interdit, c’est la calomnie, la diffamation et les injures. Or, M. Bah n’a fait que s’exprimer sur un sujet d’actualité connu de tous », a-t-il ajouté.
C’est pourquoi, poursuit-il, le collectif exige que leur client soit rétabli dans ses droits.
« Nous estimons donc que son droit a été violé. Il ne mérite pas ce qu’il est en train de subir. Il n’a pas sa place en prison, il doit être libre pour apporter sa contribution au processus de retour rapide à l’ordre constitutionnel. Cinquante jours, vous imaginez ce que cela représente ? Vous imaginez la souffrance de ses enfants, qui ignorent sa détention, et la souffrance de M. Bah ? Aujourd’hui, en plus de le priver de sa liberté, il est séparé de son épouse, de ses enfants, de sa mère, bref, de sa famille », a-t-il conclu.
De son côté, Me Almamy Samory Traoré a renchéri : « Il (Aliou Bah, ndlr) n’a fait que critiquer la manière dont le projet Simandou est ficelé. Est-ce que dire qu’une autorité ou un organe n’est pas élu constitue une infraction ? Son seul tort, c’est de ne pas avoir fait de la propagande comme le font certains actuellement. Si l’on laisse Aliou Bah à son triste sort, alors comment voulez-vous que l’on puisse construire une société démocratique ? », a alerté l’avocat de la défense.
À noter que ce collectif d’avocats a décidé de porter plainte contre l’État guinéen devant la Cour de Justice de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest).
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