Le Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée (SNEFAG) a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation critique de l’enseignement franco-arabe dans le pays. Lors d’une conférence de presse tenue le samedi 14 juin 2025 à la Maison de la Presse de Conakry, le syndicat a dénoncé la marginalisation persistante des diplômés issus de ce système éducatif.
Le Secrétaire à la syndicalisation, Morlaye Soumah, a souligné que des milliers d’étudiants, ayant poursuivi ou achevé des études supérieures en Guinée, se retrouvent exclus du système éducatif national en raison de l’absence de reconnaissance de leurs diplômes. Cette situation découle de lacunes structurelles, notamment l’absence d’une politique claire de catégorisation des baccalauréats franco-arabes.
Face à ce constat, le SNEFAG a formulé une série de recommandations aux autorités guinéennes pour remédier à cette situation :
1. Reconnaissance des diplômes : Mettre en place un mécanisme national de régularisation administrative pour une reconnaissance rétroactive ou équivalente des acquis des étudiants franco-arabes.
2. Réhabilitation des filières : Rouvrir et renforcer les filières franco-arabes dans les Écoles Normales d’Instituteurs (ENI) de Kindia et Boké pour pallier le déficit en enseignants qualifiés.
3. Formation continue des enseignants : Instaurer des programmes nationaux de renforcement des capacités académiques et pédagogiques pour les enseignants en franco-arabe.
4. Intégration des lauréats : Permettre aux lauréats de l’examen du Certificat d’Études Élémentaires (CEE) issus du système franco-arabe de participer au concours du Prytanée militaire.
5. Création d’une inspection spécialisée : Établir une inspection spécialisée dédiée à l’enseignement franco-arabe, rattachée au Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), pour un meilleur suivi et contrôle.
6. Conception de manuels scolaires : Élaborer des manuels scolaires modernes en langue arabe, adaptés aux réalités guinéennes, pour pallier l’obsolescence des supports existants.
7. Appui logistique aux coordinateurs : Fournir des moyens de transport adaptés aux coordinateurs de l’enseignement arabo-français pour faciliter leur mission.
8. Graduation des titulaires de Doctorat : Prendre en compte les titulaires de Doctorat (PhD) arabophones dans le système d’enregistrement du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) pour leur reconnaissance académique.
9. Régularisation des contractuels : Intégrer les enseignants contractuels communautaires arabophones au MEPU-A dans la Fonction Publique et assurer le versement de leurs salaires antérieurs.
10. Ouverture d’un cursus universitaire : Créer un programme universitaire complet spécialisé en langue arabe à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG).
11. Réactualisation des dossiers : Relancer et opérationnaliser la Direction Nationale de l’Enseignement Supérieur Arabe, dont le processus de création est resté inachevé.
12. Coopération scientifique : Établir un service de coopération scientifique avec les pays arabes et islamiques au Ministère de l’Enseignement Supérieur pour favoriser la mobilité académique et la recherche.
13. Bourses complémentaires : Reprendre l’octroi de bourses complémentaires aux étudiants guinéens à l’Université Islamique au Niger, relevant de l’Organisation de la Coopération Islamique.
14. Validation du dossier de transformation : Valider le dossier de transformation du Département de Langue et Civilisation Arabe en Faculté Pluridisciplinaire à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.
15. Ouverture d’un lycée franco-arabe public : Construire un lycée public franco-arabe à N’Zérékoré pour répondre au manque de structures publiques dans cette région.
16. Construction d’écoles publiques : Intégrer dans les prévisions budgétaires la construction d’écoles publiques franco-arabes pour répondre à la demande croissante.
17. Création d’une Direction Nationale : Mettre à jour et valider le projet de création d’une Direction Nationale de l’Enseignement Franco-Arabe au MEPU-A pour une meilleure gestion du secteur.
Le SNEFAG appelle le Gouvernement, les ministères concernés, ainsi que les partenaires syndicaux nationaux et internationaux à soutenir ces revendications, qu’ils qualifient de justes, urgentes et stratégiques pour un développement durable du secteur éducatif guinéen. Le syndicat se dit également ouvert au dialogue afin d’améliorer la situation des établissements, des apprenants, des enseignants et des diplômés du système franco-arabe, qui constitue un facteur important dans le multilinguisme du pays.
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