La grande finale du Concours Universitaire de l’Entrepreneuriat de Guinée (CUEG) s’est imposée comme une vitrine du potentiel créatif de la jeunesse guinéenne, mais aussi comme un signal fort envoyé aux décideurs économiques et politiques du pays.
Organisé par le média en ligne avenirguinee.org à travers son concept « L’avenir c’est nous », l’événement a réuni étudiants, responsables universitaires, entrepreneurs et représentants du gouvernement autour d’une ambition commune : faire de l’entrepreneuriat étudiant un pilier du développement national.
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Cissé, initiateur du projet, a rappelé l’urgence de créer davantage d’opportunités pour les jeunes diplômés confrontés au chômage après leurs études supérieures. Selon lui, le CUEG s’inscrit dans une dynamique d’accompagnement des initiatives juvéniles et de valorisation des talents guinéens.
« Chaque année, des milliers d’étudiants sortent de nos universités. Les plus chanceux décrochent un emploi, tandis que les autres restent sans opportunité concrète », a-t-il déclaré devant les finalistes et les invités officiels.
Mohamed Cissé a salué les réformes engagées par le ministère de l’Enseignement supérieur, notamment la création des Pools de valorisation, de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans les universités du pays. Ces structures visent à former et encadrer les étudiants porteurs de projets innovants.
Mais au-delà de la compétition, le promoteur du CUEG a surtout insisté sur les enjeux économiques liés au gigantesque projet minier de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de fer au monde. Pour lui, ce mégaprojet doit devenir une opportunité de transformation pour l’économie locale et non uniquement un marché réservé aux multinationales.
« Nous avons un besoin impérieux d’entrepreneurs nationaux formés, audacieux et capables d’offrir des solutions innovantes tout au long de la chaîne de valeur de Simandou », a-t-il affirmé.
La finale du concours a mis en compétition huit candidats représentant huit universités guinéennes. Chacun a présenté son projet devant un jury composé de professionnels et d’experts du monde entrepreneurial. Les organisateurs ont également annoncé la mise en place d’un comité de suivi chargé d’accompagner les trois meilleurs projets auprès des bailleurs de fonds et partenaires stratégiques afin de faciliter leur accès au financement.
Prenant la parole au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Diaka Sidibé, la cheffe de cabinet du département a salué « l’audace, l’ingéniosité et la vision » des jeunes participants.
Elle a insisté sur la volonté des autorités de moderniser le système universitaire guinéen à travers une politique axée sur l’innovation, la recherche appliquée et les nouvelles technologies.
« L’intelligence artificielle et les technologies émergentes ne sont plus des options, mais des outils indispensables que nous devons vulgariser dans nos institutions universitaires », a-t-elle déclaré.
La représentante du ministère a également annoncé l’accompagnement des jeunes innovateurs à travers le programme de « recherche à impact pour la Guinée » prévu pour la période 2026-2028. Ce programme ambitionne de financer des projets scientifiques et entrepreneuriaux issus des universités guinéennes.
Au-delà de la compétition, cette finale du CUEG apparaît comme le reflet d’une nouvelle orientation des politiques publiques guinéennes : faire de la jeunesse, de l’innovation et de l’entrepreneuriat les leviers d’une croissance inclusive et durable.
Les organisateurs ambitionnent déjà d’étendre le concours à toutes les régions du pays lors des prochaines éditions, avec l’objectif de détecter les talents à Kindia, Labé, Mamou, Kankan, Faranah ou encore N’Zérékoré.
Dans un contexte où la Guinée cherche à diversifier son économie et à maximiser les retombées nationales de ses grands projets miniers, le pari de l’entrepreneuriat universitaire pourrait bien devenir un enjeu stratégique pour l’avenir du pays.
Onetopic84@gmail.com
+224623813202





