Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a lancé un message musclé à l’endroit des magistrats du pays, les appelant à une fermeté sans faille dans l’application de la loi, malgré les résistances et les critiques. Une sortie remarquée lors du Forum national sur le renforcement des capacités des acteurs de la gestion et du recouvrement des avoirs saisis et confisqués, ce lundi à Conakry.
Dans un ton à la fois ferme et solennel, Bah Oury a exhorté les magistrats à tenir bon face aux pressions sociales et politiques :
« Quelles que soient les difficultés, maintenez le cap… », a-t-il martelé, estimant que l’histoire de la Guinée a été trop longtemps marquée par l’impunité et les abus.
« Le changement ne sera pas applaudi. Quand vous touchez aux habitudes enracinées, vous êtes automatiquement ciblés. Mais au bout du compte, la société finira par s’adapter », a-t-il lancé, assumant le caractère clivant de sa déclaration.
Le Premier ministre est allé plus loin, s’adressant directement aux magistrats impliqués dans des procès sensibles, souvent sujets à polémiques :
« Ne vous laissez pas décourager par les comportements hostiles. Tenez bon, votre rôle est crucial », a-t-il insisté, affichant un soutien sans ambiguïté à ceux qui, selon lui, défendent l’intégrité judiciaire.
Bah Oury a également pointé du doigt l’évolution des formes de criminalité, qu’il estime de plus en plus complexes. Il a plaidé pour une adaptation permanente du système judiciaire :
« Les crimes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Il faut se remettre en question, se former, anticiper. Dans un monde où l’État de droit vacille, seuls des principes solides peuvent tenir », a-t-il averti.
Ce discours, à la fois un avertissement et un appel au sursaut, risque d’alimenter le débat sur l’indépendance de la justice et la place du pouvoir exécutif dans le système judiciaire guinéen. Reste à savoir si les magistrats répondront à cet appel à la rigueur… ou y verront une pression déguisée.
Conakry 7 juillet 2025
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