À Guinée, la question de la transparence dans la gestion des finances publiques revient au cœur du débat.
La coordination nationale de Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) a appelé les autorités à rendre publics les rapports d’audit réalisés par l’Inspection Générale d’État (IGE), portant sur des milliers de contrats publics conclus ces dernières années.
En 2022, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, avait instruit l’IGE de procéder à un vaste audit des marchés publics signés sous le régime du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).
L’initiative, menée en collaboration avec l’Inspection Générale des Finances (IGF), avait été largement saluée comme une avancée majeure vers une gouvernance plus transparente et responsable.
Selon TLP-Guinée, plus de 3 000 contrats auraient ainsi été examinés. Mais plusieurs années après le lancement de ces audits, leurs conclusions n’ont toujours pas été rendues publiques. Une situation que l’organisation de la société civile juge préoccupante.
« La transparence est un principe fondamental de la bonne gouvernance. Les citoyens ont le droit de connaître les résultats de ces audits », souligne le mouvement dans son plaidoyer, appelant également les partenaires techniques et financiers de la Guinée à soutenir cette exigence de redevabilité.
Pour TLP-Guinée, la publication de ces rapports est essentielle non seulement pour informer les citoyens sur la gestion des ressources publiques, mais aussi pour établir d’éventuelles responsabilités en cas d’irrégularités. L’organisation insiste sur la nécessité que les auteurs de manquements répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes, notamment la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Ce nouvel appel intervient dans un contexte où les attentes en matière de lutte contre la corruption et de réforme de la gouvernance restent élevées dans le pays. Depuis son arrivée au pouvoir, le CNRD a multiplié les annonces en faveur de la moralisation de la vie publique, mais la concrétisation de ces engagements demeure scrutée de près par les acteurs nationaux et internationaux.
Pour de nombreux observateurs, la publication des rapports d’audit constituerait un test décisif de la volonté des autorités de rompre avec les pratiques du passé et d’instaurer une culture de transparence durable.
À défaut, le risque est de voir s’éroder la confiance entre les institutions et les citoyens, dans un pays où la gestion des ressources publiques reste un enjeu central de stabilité et de développement.



