Plus de deux ans après les violences qui ont secoué le village de Koliagbé, dans la sous-préfecture de Friguiagbé, le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia a rendu son verdict.
Lors de son audience du vendredi 31 juillet 2026, la juridiction a condamné neuf des quinze personnes poursuivies pour leur implication dans les affrontements de mars 2024, tandis que six autres ont été acquittées faute de preuves suffisantes.
Les prévenus étaient poursuivis pour plusieurs infractions, notamment incendie volontaire, complicité, destruction de biens privés et vol. À l’issue de plusieurs semaines d’audience, le tribunal a retenu la culpabilité de cinq accusés pour complicité d’incendie volontaire, destruction de biens privés et vol. Ils ont chacun été condamnés à dix ans d’emprisonnement ferme.
Un sixième prévenu, reconnu directement coupable d’incendie volontaire, de destruction de biens privés et de vol, a écopé de la même peine de dix ans de réclusion criminelle.
Deux autres accusés, jugés coupables de vol et de destruction de biens privés, ont été condamnés à trois ans de prison ferme. L’unique femme poursuivie dans ce dossier a, quant à elle, été condamnée à trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de cinq millions de francs guinéens.
En revanche, le tribunal a prononcé la relaxe de six prévenus, estimant que les preuves présentées à leur encontre ne permettaient pas d’établir leur responsabilité pénale au-delà du doute raisonnable.
Des violences déclenchées après un décès en détention
Les faits remontent aux 17 et 18 mars 2024, lorsque le village de Koliagbé a été le théâtre de violences sur fond de conflit foncier, exacerbées par le décès de Naby Camara alors qu’il était détenu à la maison d’arrêt de Kindia.
Selon les éléments retenus par la justice, des proches du défunt considéraient Ibrahima Kalil Diallo, connu sous le surnom de « Marcos », comme responsable des poursuites judiciaires ayant conduit à son incarcération. En représailles, des biens appartenant à la famille Diallo ont été pris pour cible avec l’appui d’autres habitants de la localité.
Les affrontements avaient causé d’importants dégâts matériels, notamment l’incendie de trois habitations, de trois véhicules et d’une plantation appartenant à la famille Diallo.
Ce verdict met un terme à l’une des affaires judiciaires les plus marquantes de la région de Kindia ces dernières années, dans un contexte où les conflits fonciers demeurent une source récurrente de tensions dans plusieurs localités guinéennes.
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