La Guinée forestière s’apprête à faire résonner ses traditions sur une scène nationale. L’association Forêt Culture a officiellement lancé, lundi à Conakry, les préparatifs de la première édition du Festival des Masques et Folklores de Guinée Forestière (FESTMAS), prévue à partir du 20 novembre 2026 à Nzérékoré.
Placée sous le haut patronage du président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, et sous l’égide du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Moussa Moïse Sylla, cette première édition entend transformer la richesse des traditions forestières en un rendez-vous culturel de portée nationale. Le lancement s’est déroulé en présence notamment de Nenè Diawara, conseillère au ministère de la Culture, de Noël Lamah, responsable au FODAC, et de l’ambassadeur Alexandre Cécé Loua, président du Comité national d’organisation.
Les masques comme mémoire vivante Placée sous le thème « Culture, paix et développement durable », cette première édition du FESTMAS entend mettre au premier plan un patrimoine transmis de génération en génération. Masques, danses, chants, rythmes et autres expressions traditionnelles seront au cœur de la manifestation, qui fera de Nzérékoré une vitrine de la diversité culturelle de la Guinée forestière.
L’ambition dépasse toutefois la seule célébration folklorique. Pour les organisateurs, la sauvegarde du patrimoine immatériel peut également constituer un point d’appui pour le développement local. À travers le tourisme culturel et l’économie créative, le festival veut ainsi ouvrir une réflexion sur les infrastructures nécessaires à l’accueil des visiteurs et au développement de la région : routes, hébergements, accès à l’eau, écoles ou encore centres de santé. Cette approche inscrit le rendez-vous culturel dans une perspective plus large, où la tradition devient aussi un vecteur de visibilité économique et territoriale. Nzérékoré, carrefour des cultures forestières À partir du 20 novembre 2026, les différentes communautés détentrices des traditions liées aux masques seront invitées à présenter leurs expressions culturelles.
Des phases de présélection doivent être organisées dans les différentes préfectures afin de préparer les prestations de la manifestation. Le festival entend également s’ouvrir au-delà de son ancrage géographique immédiat. Pour cette première édition, une invitation particulière est adressée à Siguiri, ainsi qu’au pays Baga, dans le Bagatayé.
La programmation se veut donc à la fois profondément enracinée dans la forêt et ouverte aux autres composantes du patrimoine culturel guinéen. Un grand concert de clôture doit également ponctuer les festivités et distinguer les artistes et prestations retenus. Un festival pensé comme un espace de dialogue Pour Alexandre Cécé Loua, président du comité d’organisation, le FESTMAS doit être davantage qu’un rassemblement artistique. « Durant ces deux jours, Nzérékoré sera l’ensemble de la Guinée forestière en miniature », a-t-il déclaré, évoquant les sorties de masques, les chants traditionnels, les danses et les différentes expressions culturelles des communautés. Le responsable voit également dans le festival un espace de rencontre entre les populations et les cultures. L’objectif affiché est de contribuer au dialogue, à la cohésion sociale et à la valorisation du patrimoine, tout en donnant une place accrue au tourisme culturel et à l’économie créative.
Dans cette perspective, les masques ne sont pas seulement considérés comme des éléments de spectacle. Ils constituent aussi des marqueurs de mémoire, d’identité et de transmission, au cœur d’un patrimoine dont la pérennité dépend largement de la capacité des nouvelles générations à se l’approprier. L’État annonce son accompagnement Représentant le ministère de la Culture, Nenè Diawara a assuré les organisateurs du soutien des autorités culturelles. « Le ministre est le premier à soutenir cet événement », a-t-elle déclaré, précisant que l’accompagnement de l’État serait d’abord technique et institutionnel, avant la question du financement.
Les directions techniques du ministère devraient travailler avec le comité d’organisation afin de contribuer à la préparation de cette première édition. À l’approche du 20 novembre, les organisateurs veulent désormais mobiliser les acteurs culturels, les collectivités, les partenaires et les médias autour du projet. À Nzérékoré, l’enjeu sera autant de faire vivre les traditions que de leur donner une nouvelle visibilité. En misant sur les masques, les danses et les récits transmis par les communautés, le FESTMAS entend poser une question plus vaste : comment transformer la richesse culturelle d’un territoire en patrimoine vivant, en dialogue entre les générations et en opportunité de développement ?
Le 20 novembre 2026, la Guinée forestière donnera ainsi rendez-vous aux amateurs de culture, de traditions et de patrimoine à Nzérékoré, pour une célébration où les masques devraient occuper le devant de la scène.
Mbinty Soumah
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