Matam, 6 mars 2025 – Depuis plus de deux décennies, la famille Touré, héritière d’Elhadj Tata Sékou Touré, mène une lutte acharnée pour récupérer la propriété d’un immeuble situé dans le quartier de Boussoura, commune de Matam.
Ce jeudi, un nouvel épisode de tension s’est déroulé entre la famille et les locataires de l’immeuble, avec pour conséquence la fermeture des boutiques
et l’expulsion des résidents.

Un conflit de longue date l’origine du différend remonte à 2001, lorsqu’un homme du nom de Thierno Sadou Barry aurait proposé à Elhadj Tata Sékou Touré un bail pour l’exploitation d’un grand bâtiment situé en bordure de route. Selon Noël Mousté, petit-fils du défunt Elhadj Touré, ce bail n’a jamais été conclu. À la suite du décès de son grand-père, Thierno Sadou aurait entamé des démarches pour s’approprier l’immeuble, utilisant la pression militaire et judiciaire pour expulser la famille.
« Après la mort de mon grand-père, Thierno Sadou a commencé à harceler la famille, en envoyant des militaires et en manœuvrant auprès de la justice pour occuper le bâtiment », raconte Noël Mousté. « Nous étions démunis et divisés à cette époque. »
Le conflit a pris une tournure tragique en 2002, lorsque Sekou Mady Touré, oncle de Noël, aurait tué dans des circonstances encore floues. Selon la famille, il s’était opposé fermement à la vente et au bail de la propriété. lors d’une intervention des forces de l’ordre, Sekou Mady aurait été retrouvé mort, après s’être réfugié dans le plafond du bâtiment.
« Il a été étranglé à mort, mais aucune enquête n’a été menée », déplore Noël Mousté. « Nous sommes dans un État de droit, mais jusqu’à présent, justice n’a pas été rendue. »
En septembre dernier, sous la pression de la famille Touré, la mairie de Matam a mis en place une commission pour tenter de résoudre le conflit. Composée de la direction communale de l’habitat, de la gendarmerie et des représentants des deux parties, cette commission devait examiner les documents de propriété. Cependant, la famille Touré accuse la mairie de traîner les pieds.
« À chaque rendez-vous avec le maire, il nous faisait attendre des heures sans jamais nous donner de réponse claire », témoigne Noël Mousté. « Il semble que la mairie soit corrompue et qu’elle protège Thierno Sadou. »
La famille Touré en appelle désormais aux plus hautes autorités du pays, notamment au président Mamadi Doumbouya et à son gouvernement, pour intervenir et faire respecter leurs droits.
« Nous avons confiance que le gouvernement finira par entendre notre appel et nous aidera à récupérer notre bien », déclare Noël.

Après 22 ans de batailles judiciaires et de frustrations, la famille Touré refuse d’abandonner la lutte pour récupérer l’héritage d’Elhadj Tata Sékou Touré. « Nous ne permettrons plus que notre bien nous échappe », conclut Noël Mousté. « Nous voulons que justice soit rendue. »
Hadja Diaka Touré, fille d’Elhadj Tata Sékou Touré, exprime également sa détermination : « Cette maison appartient à notre famille, et nous ne nous arrêterons pas tant que la vérité ne sera pas rétablie. »
Aux dernières nouvelles, Noël Mousté a informé que l’affaire est désormais entre les mains de la gendarmerie de Kenien, qui a auditionné les différentes parties, y compris Thierno Sadou. La décision judiciaire est maintenant attendue, tandis que les boutiques de l’immeuble restent fermées et les résidents n’ont toujours accès à leurs appartements (16h).
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