Dans un entretien accordé à notre rédaction Loupeguinee.com , Dr Makalé Traoré, facilitatrice du cadre de dialogue instauré par le président de la République, et présidente d’honneur du REFAMP (Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires) et du COFFIG (Coalition des Femmes et Filles de Guinée pour le Dialogue, la Consolidation de la Paix et le Développement), s’est exprimée sur des sujets d’actualité politique et sociale.
Il s’agit, entre autres, de la rencontre entre le Général Mamadi Doumbouya et certains opposants, ainsi que la gestion de Bah Oury à la primature.
Lisez :
Loupeguinee.com : Que retenez-vous de la gestion de Bah Oury depuis son arrivée à la primature ?
Hadja Aicha Bah, Madame Joséphine Leno et moi avons conduit un dialogue pendant près de deux ans. Notre regret est que depuis son arrivée, ce dialogue a été interrompu, malgré nos demandes insistantes pour le poursuivre. Avec l’arrivée de Bah Oury, ce dialogue aurait pu être amendé. Quand on tient à quelque chose, on peut l’améliorer et y ajouter ses idées. Nous regrettons cette attitude…
Nous souhaitons que Bah Oury soit le Premier ministre de tous les Guinéens. Cela passe par un dialogue qui rapprochera les fils du pays et favorisera un climat de paix en Guinée.
Loupeguinee.com : Comment concevez-vous la rencontre entre le chef de l’État et certains cadres de l’UFDG et de l’ANAD ?
Je salue cette rencontre. Nous encourageons tout ce qui peut rapprocher les Guinéens, car la paix est la condition sine qua non d’un développement durable. Si, aujourd’hui, par la main tendue du président, des cadres de l’UFDG rencontrent le chef de l’État, nous ne pouvons que saluer cette initiative, en espérant que d’autres suivront cet exemple.
Leurs problèmes personnels ne m’intéressent pas, mais ce qui est essentiel à mes yeux, c’est que des compatriotes se rencontrent.
La politique a divisé notre population, avec des pertes humaines importantes. Quand on échoue, il faut changer de méthode et tirer les leçons du passé pour avancer.
Loupeguinee.com : La persistance du viol dans notre société nous préoccupe tous. Au regard de cette situation inquiétante, que proposez-vous pour y remédier ?
Depuis les années 2010, avec mes collègues du REFAMP et du COFFIG, nous nous mobilisons contre les violences basées sur le genre, et en particulier contre les viols de petites filles. Nous avons mené des enquêtes à cet effet. Ce phénomène est déplorable. Le fait de violer et de tuer des mineures est inadmissible.
La vie est sacrée, et c’est une responsabilité que l’État doit assumer pleinement. Pour remédier à ce problème, en plus de l’OPROGEM (Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs), il est impératif que la loi soit appliquée. Sinon, dans quelques années, toutes nos filles seront en danger, et ce serait une catastrophe.
Loupeguinee.com : Nous tendons vers l’organisation des 72 heures du livre, avec pour thème : “La puissance féminine”. En tant que femme, et sachant l’utilité du livre, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes pour les inciter à s’intéresser à la lecture ?
La lecture est fondamentale. Elle instruit, fait voyager, et ouvre les portes du monde. Elle structure l’esprit et permet l’apprentissage. Certes, il y a Internet et les réseaux sociaux, mais le contact avec le livre reste extrêmement important. La 17e édition dédiée aux femmes est un acte que nous saluons. L’initiateur de “Conakry, Capitale Mondiale du Livre”, Sansy Kaba Diakité, travaille avec les femmes, les comprend, et les accompagne. Les femmes écrivent de plus en plus.
J’invite les jeunes à lire, c’est essentiel, même ne serait-ce qu’une heure par jour. La lecture nourrit l’esprit, éduque, cultive, enrichit la connaissance et ouvre sur le monde.
Loupeguinee.com : Pour une transition réussie en Guinée, quel appel souhaitez-vous lancer aux dirigeants et au peuple guinéen ?
J’estime que la paix n’a pas de prix. Que les autorités et le peuple sachent que la paix est indispensable à la réussite de cette transition. On ne peut rien accomplir dans l’adversité absolue. Chacun doit faire l’effort d’aller vers l’autre. Nous demandons au président et à son gouvernement de faire preuve de retenue.
Quant au gouvernement, il doit contribuer à apaiser les tensions partout où cela est nécessaire.
À la population, surtout aux femmes, nous leur demandons de jouer un rôle clé dans l’apaisement en période de crise. C’est à ce prix que nous pourrons nous développer.
Entretien réalisé par Marliatou Sall.
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