C’est une scène révoltante qui circule massivement sur les réseaux sociaux : des vendeuses du marché de KM36, en pleine activité, lavant des feuilles de manioc et de patate douce… dans des caniveaux boueux. Ces images, filmées sans fard, dévoilent une réalité choquante que l’indignation publique a enfin portée à la lumière.
Alerté par cette vidéo virale, l’Office National de Contrôle de Qualité (ONCQ) s’est rendu sur les lieux ce vendredi 11 juillet 2025.
Ce qu’ont découvert les agents sur place dépasse l’entendement : des produits alimentaires posés à même le sol, un environnement d’une saleté repoussante, et surtout, des feuilles trempées dans des eaux stagnantes, noires de boue, infestées de détritus et empestant des relents putrides.
« Les feuilles sont plongées dans ces eaux sales, remuées à mains nues, puis égouttées et revendues sans aucun traitement hygiénique », s’insurge l’ONCQ dans un communiqué. Les bassines utilisées, elles aussi, reposent directement sur le sol, sans aucune trace de savon ni de désinfectant.
Ce constat soulève des questions graves : comment en est-on arrivé à tolérer de telles pratiques ? Où sont les contrôles sanitaires ? Et comment protéger les consommateurs contre de telles dérives ?
Au lieu de constituer un marché alimentaire de proximité digne de ce nom, le site de KM36 s’apparente aujourd’hui à un foyer potentiel de maladies hydriques, propices aux contaminations multiples.
L’ONCQ promet une mission de sensibilisation. Mais suffit-il encore d’« éduquer » quand des vies sont exposées à de tels risques ?
L’heure est à l’action ferme, à la régulation stricte et à la responsabilisation de tous les maillons de la chaîne alimentaire. Car dans ce scandale, c’est avant tout la santé publique qui est lavée… dans les caniveaux.
Conakry 11 juillet 2025
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