À quelques mois de la fin de la transition politique en Guinée, des témoignages recueillis auprès de plusieurs sources internes, complétés par des analyses de spécialistes de la gouvernance publique, soulèvent des interrogations sur la gestion administrative et financière du Conseil national de la transition (CNT). Si ces allégations restent à établir par les autorités compétentes, elles alimentent un débat croissant sur la transparence et la redevabilité des institutions publiques.
Des tensions autour des avantages du personnel
Selon plusieurs sources internes ayant requis l’anonymat, des agents de l’administration parlementaire dénoncent le retard de paiement de certaines indemnités de fonctionnement, notamment les primes destinées à couvrir les frais de déplacement.
Ces retards seraient intervenus alors que des discussions porteraient simultanément sur le versement d’indemnités de fin de mission aux conseillers nationaux. Plusieurs employés estiment que cette situation crée un profond sentiment d’injustice au sein de l’administration.
« Nous continuons à assurer le fonctionnement de l’institution et à préparer la future Assemblée nationale, mais certains avantages indispensables à notre travail restent suspendus », confie un agent sous couvert d’anonymat.
Des interrogations sur l’attribution des indemnités
Au-delà des retards dénoncés par le personnel, plusieurs spécialistes du droit administratif interrogés estiment que les critères d’attribution d’éventuelles indemnités de séparation devraient être clarifiés afin d’éviter toute confusion entre les responsables politiques dont le mandat prend fin et les hauts fonctionnaires appelés à assurer la continuité administrative de l’État.
Pour ces experts, seule une communication officielle accompagnée des textes applicables permettrait de lever les interrogations sur la légalité des bénéficiaires et les modalités de versement.
Des accusations de gouvernance peu transparente
Les témoignages recueillis évoquent également une gestion jugée peu transparente des ressources de l’institution au cours de la transition.
Plusieurs sources affirment que certains choix budgétaires auraient privilégié des dépenses considérées comme non prioritaires, tandis que des besoins essentiels de fonctionnement seraient restés insuffisamment couverts. Ces affirmations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Des observateurs appellent ainsi à la publication d’un audit détaillé des dépenses engagées durant la transition afin d’éclairer l’opinion publique.
Le patrimoine automobile au cœur des interrogations
La gestion du parc automobile du CNT figure également parmi les sujets évoqués par plusieurs sources internes.
Des employés affirment que l’attribution de certains véhicules de service aurait suscité des incompréhensions au sein de l’administration, plusieurs responsables techniques estimant ne pas disposer des moyens nécessaires à l’exercice de leurs fonctions.
En l’absence de publication officielle de la liste des affectations et des critères retenus, ces allégations demeurent difficiles à vérifier de manière indépendante.
Des appels à un audit indépendant
Pour plusieurs spécialistes de la gouvernance publique interrogés, la meilleure réponse aux interrogations actuelles serait l’ouverture d’un audit financier et administratif indépendant portant sur la gestion de l’institution durant la transition.
Selon eux, un tel exercice permettrait soit de confirmer la régularité des opérations, soit d’identifier d’éventuelles irrégularités et de recommander les suites appropriées dans le respect des procédures judiciaires.
Ils estiment également qu’une transparence accrue renforcerait la confiance des citoyens dans les institutions appelées à conduire le retour à l’ordre constitutionnel.
Restaurer la confiance
Alors que la Guinée s’apprête à tourner la page de la transition, plusieurs acteurs de la société civile considèrent que la question de la redevabilité demeure essentielle.
Au-delà des personnes, ils appellent les institutions de contrôle compétentes à examiner, en toute indépendance et dans le respect du contradictoire, les allégations relatives à la gestion administrative et financière du CNT.
L’enjeu, soulignent-ils, est de consolider la crédibilité des institutions publiques et de faire de la transparence un principe durable de la gouvernance.
En l’absence de conclusions officielles d’une enquête ou d’un audit, les faits rapportés dans cet article demeurent des allégations recueillies auprès de différentes sources et doivent être considérés comme tels.
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