En Guinée, une initiative gouvernementale présentée comme un tournant majeur pour l’administration territoriale suscite aujourd’hui une vive controverse sociale.
En septembre dernier, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a procédé à la remise de véhicules neufs aux 333 sous-préfets du pays. L’opération, organisée en présence du Premier ministre, visait à renforcer la mobilité des représentants locaux de l’État et à améliorer l’efficacité de l’action administrative dans les zones rurales et périurbaines.
Mais derrière cette vitrine institutionnelle, la situation des chauffeurs recrutés pour conduire ces véhicules révèle une réalité plus fragile.
Selon plusieurs témoignages recueillis par le média local DMTVguinee, les chauffeurs engagés à la suite de cette réforme affirment n’avoir perçu aucun salaire depuis leur prise de fonction, il y a désormais six mois.
L’un d’eux, qui a requis l’anonymat, décrit une situation financière critique. D’après son récit, le MATD aurait demandé aux sous-préfets de recruter des chauffeurs titulaires d’un permis biométrique au moment de la dotation des véhicules.
Si des discussions informelles évoquaient une rémunération mensuelle de 800 000 francs guinéens (GNF), aucun versement n’aurait, à ce jour, été effectué.
« Nous avons assisté à la cérémonie officielle, reçu des conseils des autorités et commencé à travailler immédiatement. Mais nous n’avons jamais été informés officiellement du montant exact de notre salaire, et surtout, nous n’avons rien perçu depuis six mois », explique-t-il.
Plusieurs chauffeurs, confrontés à des charges familiales importantes, auraient déjà quitté leurs fonctions. Certains affirment que seule leur alimentation est prise en charge par les sous-préfets, sans autre compensation financière.
Le témoin indique avoir quitté un emploi dans une unité industrielle où il percevait environ 3 600 000 GNF par mois, soit un revenu nettement supérieur aux promesses évoquées dans le cadre de ce nouveau poste.
Face à cette situation, les chauffeurs concernés disent privilégier le dialogue. Ils ont mis en place une plateforme d’échange afin de coordonner leurs démarches et adresser une requête formelle au ministre de l’Administration du Territoire, dans l’espoir d’un règlement rapide du différend.
Aux dernières nouvelles, le chauffeur ayant témoigné publiquement aurait été démis de ses fonctions par son sous-préfet à la suite de sa prise de parole médiatique — une décision qui pourrait accentuer les tensions autour de ce dossier.
Sollicitée, l’administration n’a pas encore officiellement réagi à ces allégations.
Conakry 3 mars 2026
Onetopic84@gmail.com
+224623813202


