Réunis au sein du Collectif des Personnes en Situation de Handicap Diplômées Sans Emploi, plusieurs jeunes Guinéens ont lancé un appel solennel aux autorités nationales afin que leur droit à l’emploi soit enfin pris en compte.
Lors d’une conférence de presse tenue à Conakry, ils ont dénoncé une exclusion persistante du marché du travail malgré leurs qualifications académiques et professionnelles.
Placée sous le thème « Derrière notre handicap, il y a un diplôme, un rêve et une dignité », cette rencontre avec les médias visait à attirer l’attention sur la situation de centaines de diplômés handicapés qui peinent à accéder à un emploi en Guinée.
« Notre intervention n’est pas une révolte, mais un appel républicain », ont déclaré les représentants du collectif, soulignant que leur démarche repose sur les principes de justice sociale, de dignité humaine et d’égalité des chances.
Selon eux, les personnes en situation de handicap ont souvent dû surmonter de nombreux obstacles pour poursuivre leurs études : discrimination, moqueries, difficultés financières et manque d’infrastructures adaptées. Malgré ces efforts et l’obtention de diplômes universitaires ou professionnels, beaucoup demeurent sans emploi et marginalisés.
Le collectif défend l’idée d’une Guinée plus inclusive, où les citoyens handicapés peuvent contribuer pleinement au développement national. « Le handicap n’enlève ni l’intelligence, ni les compétences, ni le patriotisme », ont insisté les intervenants.
Au cours de leur déclaration, les membres du collectif ont adressé plusieurs requêtes aux plus hautes autorités du pays. Ils ont notamment sollicité une audience auprès du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin d’exposer directement leurs préoccupations et leurs attentes en matière d’emploi.
Ils ont également appelé le Premier ministre, Amadou Oury Bah, à veiller à l’application effective des textes de loi garantissant les droits des personnes en situation de handicap, notamment en matière d’insertion professionnelle.
Le collectif a par ailleurs demandé à la ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Patricia Adeline Lamah, de porter leur plaidoyer auprès du gouvernement et de soutenir leurs démarches en faveur d’une meilleure employabilité.
Parmi les principales revendications figure l’intégration de diplômés handicapés à la fonction publique par voie dérogatoire, une mesure qui aurait déjà bénéficié à plusieurs promotions dans le passé, notamment en 2000, 2005, 2008 et 2019. Les demandeurs fondent leur requête sur différents instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention n°159 de l’Organisation internationale du travail (OIT), la Convention relative aux droits des personnes handicapées et la loi guinéenne L/2018/021/AN.
Au-delà des revendications adressées aux autorités, le collectif a également lancé un message d’encouragement à l’endroit des personnes handicapées diplômées du pays, les invitant à conserver l’espoir, le courage et l’esprit de combat face aux difficultés rencontrées.
Cette prise de parole intervient dans un contexte où les questions d’inclusion sociale et d’accès équitable à l’emploi demeurent des défis majeurs dans plusieurs pays africains. Pour les membres du collectif, la reconnaissance de leurs compétences et leur intégration professionnelle constituent non seulement une question de droits humains, mais aussi un enjeu de développement national.
À travers cet appel, ils espèrent que les autorités guinéennes traduiront en actions concrètes les engagements pris en faveur de l’inclusion et de l’égalité des chances pour tous les citoyens.
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