Le Bureau Guinéen des Droits d’Auteur (BGDA) a amorcé un tournant décisif dans la gestion des redevances artistiques avec l’annonce, mardi, d’un nouveau système de paiement entièrement dématérialisé. Objectif : renforcer la transparence, la traçabilité et l’équité dans la redistribution des droits aux créateurs guinéens.
Lors d’une conférence de presse organisée à Conakry, en présence du chef de cabinet du ministère de la Culture et de l’Artisanat, Thierno Amidou Bah, le Directeur général du BGDA, Moussa Fofana, a levé le voile sur une réforme attendue de longue date.
« Cette conférence est une suite logique à la répartition des sept droits disponibles au BGDA », a déclaré Fofana, soulignant une volonté politique claire de rompre avec les pratiques opaques du passé.
Fin du cash, place au numérique
Historiquement basé sur un modèle physique de distribution en espèces, le paiement des droits d’auteur en Guinée entre dans l’ère du numérique. Le BGDA adopte désormais un système de paiement par virement bancaire ou via des plateformes de mobile money telles qu’Orange Money, Soutura et Kulu.
« Nous avons instauré le principe du zéro cash », a expliqué Moussa Fofana. « Nous avons l’obligation de faire connaître aux auteurs les procédures liées à ces paiements (…). Qu’ils choisissent le virement ou le mobile money, ils devront fournir des coordonnées bancaires ou un numéro sécurisé pour recevoir leurs droits. »
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de bonne gouvernance exigée par l’État guinéen, en ligne avec les standards internationaux de gestion des droits d’auteur.
Une réforme multisectorielle
Les droits concernés par cette réforme touchent plusieurs segments d’exploitation des œuvres :
le droit d’exécution publique (bars, restaurants, maquis),
le droit de déambulation sonore,
le droit de communication au public,
les tonalités d’attente téléphonique,
la reproduction mécanique (CD, clés USB),
les droits numériques et de streaming,
ainsi que les redevances issues de l’étranger.
Ces revenus sont collectés auprès des utilisateurs de contenus protégés, avant d’être redistribués aux ayants droit après prélèvement des taxes et frais de gestion.
La piraterie, un défi persistant
Malgré cette avancée structurelle, le BGDA reste confronté à un fléau majeur : la piraterie. Un phénomène que le directeur général n’a pas manqué de souligner comme étant la principale entrave à la rentabilité du secteur.
Alors que la transition numérique progresse, le BGDA appelle les auteurs, compositeurs, producteurs et ayants droit à se mobiliser davantage : déclarer leurs œuvres, fournir les informations nécessaires, et adopter les nouveaux outils mis à disposition.
Avec cette réforme, la Guinée espère repositionner ses industries culturelles dans l’économie formelle, tout en assurant un meilleur respect des droits des créateurs dans un environnement de plus en plus digitalisé.
Conakry 26 août 2025
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