Lomé, 16 septembre 2025 – À quelques jours du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre en Guinée, deux organisations régionales de défense des droits humains, le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH) et la Coordination des Défenseurs des Droits Humains en Guinée (CODDH), ont exhorté les autorités de transition à garantir un climat politique apaisé et respectueux des standards internationaux.
Dans un communiqué conjoint publié ce mardi à Lomé, les deux structures se disent préoccupées par la « détérioration de l’espace civique » et la multiplication des « attaques contre les défenseurs des droits humains » en Guinée.
Elles rappellent que le scrutin à venir constitue une étape décisive vers un retour à l’ordre constitutionnel, interrompu depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021.
Des violations dénoncées
Le ROADDH et la CODDH dénoncent une série de restrictions qui, selon elles, compromettent la crédibilité du processus démocratique. Parmi celles-ci figurent les disparitions forcées de défenseurs des droits humains, les arrestations arbitraires, des cas de torture, ainsi que le bâillonnement de la presse et la suspension des activités de plusieurs partis politiques.
Les organisations rappellent que la Guinée est liée par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ces instruments consacrent notamment le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Cinq recommandations urgentes
Pour créer les conditions d’un scrutin inclusif et crédible, les deux structures appellent les autorités guinéennes à :
Lever l’interdiction générale de manifester imposée depuis le 13 mai 2022 ;
Garantir la participation de toutes et tous aux élections, y compris des citoyens exclus du fichier électoral ;
Assurer un environnement sûr pour les journalistes, acteurs politiques et défenseurs des droits humains ;
Libérer immédiatement les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement ;
Faire toute la lumière sur les disparitions forcées et garantir le retour des victimes auprès de leurs familles.
Un test décisif pour la transition
Alors que la Guinée s’apprête à franchir une étape cruciale de sa transition, les organisations soulignent que la crédibilité du processus référendaire dépendra de la capacité des autorités à respecter leurs engagements internationaux.
« La protection des défenseurs des droits humains et la garantie d’un processus référendaire apaisé et inclusif sont essentiels pour un retour à l’ordre constitutionnel et démocratique conforme aux standards internationaux », insiste le communiqué.
Conakry 16 septembre 2025
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