La Coordination de TLP-Guinée a salué la conclusion d’un accord amiable entre l’État guinéen, Guinea Alumina Corporation (GAC) et Emirates Global Aluminium (EGA), mettant fin à près de 18 mois de tensions autour de l’exploitation de la bauxite de Sangarédi.
Pour l’organisation de la société civile, cette issue négociée représente une avancée majeure pour la stabilité du secteur minier guinéen, tout en ouvrant un nouveau débat sur la gouvernance des ressources naturelles du pays.
Dans une déclaration rendue publique, TLP-Guinée estime que cet accord permet d’éviter « un contentieux long et coûteux » susceptible d’affecter durablement l’économie nationale et les investissements étrangers.
L’organisation souligne également l’importance de préserver les milliers d’emplois directs et indirects générés dans la région de Sangarédi, au cœur de l’industrie bauxitique guinéenne.
La Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, dépend fortement du secteur minier pour ses recettes publiques et son attractivité économique. Les différends entre l’État et certains opérateurs miniers sont donc suivis de près par les investisseurs internationaux, notamment dans un contexte où les autorités de transition affichent leur volonté de renforcer la souveraineté économique du pays.
Selon TLP-Guinée, le principal point de friction ayant conduit à cette crise concernait le non-respect des engagements liés à la transformation locale des minerais. Les autorités guinéennes insistent depuis plusieurs années sur la nécessité pour les compagnies minières de développer des infrastructures de raffinage et de transformation sur le territoire national, afin d’augmenter la valeur ajoutée locale et les retombées économiques pour les populations.
L’organisation voit dans la reprise du gisement par Nimba Mining Company une opportunité de « tourner une nouvelle page ». Elle appelle toutefois les autorités dirigées par le Général Mamadi Doumbouya à faire de ce transfert « un exemple de gouvernance transparente et redevable ».
Dans cette perspective, TLP-Guinée formule trois recommandations prioritaires : rendre public le contenu de l’accord conclu, notamment les garanties relatives à la protection des emplois ; présenter un plan clair pour la valorisation locale du minerai de Sangarédi ; et instaurer un mécanisme de suivi citoyen indépendant des activités de Nimba Mining, conformément aux principes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
Pour la société civile, l’avenir du programme « Simandou 2040 », présenté comme l’un des piliers de la transformation économique guinéenne, dépendra de la confiance entre l’État, les investisseurs, les communautés locales et les organisations citoyennes.
« La souveraineté minière doit aller de pair avec l’attractivité et la redevabilité », affirme la Coordination de TLP-Guinée, qui se dit disposée à poursuivre le dialogue avec le ministère des Mines et de la Géologie, Nimba Mining Company ainsi que les partenaires au développement.
Au-delà du règlement d’un différend commercial, cet accord pourrait ainsi devenir un test majeur pour la capacité des autorités guinéennes à concilier stabilité des investissements, exigences de transparence et ambitions de développement durable dans l’un des secteurs stratégiques de l’économie nationale.
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