Dans une déclaration publique dense et documentée, un artiste guinéen, auteur-compositeur et figure reconnue du milieu culturel, est sorti de sa réserve pour clarifier une controverse née à la suite d’une interview télévisée. En cause : l’attribution erronée de la paternité de l’œuvre emblématique Mamadou Yalti Golé, présentée à l’antenne comme ayant été écrite et composée par un autre artiste.
Se présentant comme témoin direct, acteur central et créateur originel de l’œuvre, l’auteur de la déclaration affirme avoir longtemps gardé le silence par modestie et par respect pour l’unité du milieu artistique. Il estime toutefois que la diffusion publique d’informations inexactes l’oblige aujourd’hui à rétablir les faits, preuves et chronologie à l’appui.
Une œuvre née dans le théâtre avant la musique.
Selon son témoignage, Mamadou Yalti Golé voit le jour au début des années 2000 sous forme de sketch théâtral, au sein de la compagnie Les Messagers du Temps, alors déjà bien implantée sur la scène culturelle guinéenne. L’œuvre est interprétée dans plusieurs cadres prestigieux, notamment au Centre culturel franco-guinéen, au Palais du Peuple et lors de grands événements nationaux tels que le Festikaloum, La Nuit du Rire (RTG) et les Rencontres théâtrales de feu Fanyé Touré, où la troupe remporte une médaille d’or en langue française.
C’est dans ce sketch que l’auteur affirme avoir interprété et chantonné la musique devenue populaire, bien avant son exploitation commerciale. La diffusion sur la télévision nationale contribue à faire de Mamadou Yalti Golé une référence culturelle largement reprise.
Du cinéma à l’album : une chronologie revendiquée.
L’artiste rappelle ensuite que le morceau est intégré à son film Mamadou en ville, tourné en novembre 2006 et distribué en mai 2007 par Guinée Image. L’album Mamadou Yalti Golé sortira plus tard, en 2008, après l’enregistrement à Cosa Carrefour Mowlanan et une production assurée par Moloko Record et CDS.
Un protocole d’accord formel aurait été signé avant toute dédicace entre trois entités :
la compagnie Les Messagers du Temps,
la troupe Welilan,
et Moloko Record.
Cet accord, transmis au Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) en 2008, aurait permis la sortie officielle de l’album, avec l’aval des ayants droit initiaux.
Ni procès, ni revendication financière
L’auteur insiste sur un point central : il n’a jamais engagé de procédure judiciaire ni réclamé de droits d’auteur, malgré la notoriété de l’œuvre. Son combat, affirme-t-il, n’est ni financier ni conflictuel, mais strictement moral et historique.
« Ce que je réclame aujourd’hui, c’est le respect et la reconnaissance », déclare-t-il, rappelant que l’adhésion au BGDA ne fait pas d’un artiste un salarié, mais ouvre simplement droit à des retombées en cas d’exploitation de l’œuvre.
Un appel à la responsabilité culturelle
Au-delà du différend artistique, cette prise de parole se veut aussi un plaidoyer pour le professionnalisme dans l’animation culturelle et le journalisme artistique en Guinée. L’auteur appelle les médias à vérifier les faits, à consulter les archives et à respecter la mémoire culturelle collective.
Aujourd’hui membre du Conseil national de la transition (CNT), il estime que cette responsabilité est d’autant plus grande que la culture constitue un pilier de l’identité nationale.
« La culture ne peut se construire sans mémoire, sans reconnaissance et sans respect envers ceux qui l’ont bâtie », conclut-il.
Cette déclaration relance ainsi le débat sur la protection des œuvres, la transmission de l’histoire culturelle et la reconnaissance des créateurs dans un paysage artistique africain en pleine mutation.
Conakry 26 janvier 2026
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