En Guinée, le mouvement Agissons pour la Guinée (APG), créé en janvier 2025, accuse les autorités de bloquer volontairement son enregistrement légal. Six mois après avoir déposé sa demande officielle auprès du ministère de l’Administration du territoire, l’organisation affirme n’avoir reçu aucune réponse.
« La loi prévoit un délai de trois mois. Nous en sommes au double, sans explication », a dénoncé son président provisoire, Ibrahima Kalil Diallo, dans une déclaration transmise à la presse. Pour l’APG, ce silence équivaut à « une stratégie pour étouffer une alternative citoyenne ».
Une suspension « par prudence »
Face à cette impasse, le mouvement annonce la suspension de ses prises de parole publiques sur les questions politiques et de gouvernance. Une décision que son leader présente comme un « acte de protection », soulignant que « dans un pays où une simple critique pacifique peut conduire en prison », il serait dangereux d’exposer davantage ses militants.
Cependant, le mouvement insiste : « Ce n’est ni une démission, ni un signe de peur. Nous restons mobilisés, mais de manière stratégique et responsable. »
Une Constitution vivement critiquée
À quelques jours du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, l’APG a également dévoilé sa position : pas de consigne de vote. Dans un document détaillé, le mouvement affirme que le projet de nouvelle Constitution présente « plus de reculs que d’avancées».
Parmi ses principaux griefs :
La durée du mandat présidentiel, portée de cinq à sept ans, renouvelable une fois. Un potentiel de 14 ans jugé comme un « recul historique ».
L’immunité accordée aux anciens chefs d’État, perçue comme une entrave à l’État de droit.
La reconnaissance de la double nationalité, que le mouvement estime menaçante pour la souveraineté nationale.
La création d’un Sénat, considéré comme « budgétivore et antidémocratique ».
La suppression des débats télévisés entre candidats, vue comme un « pas en arrière pour la démocratie ».
En se retirant temporairement de la scène publique, APG tente de préserver son existence, tout en préparant un bras de fer judiciaire avec l’État guinéen.
Conakry 8 septembre 2025
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