Figure discrète de la musique guinéenne, Commissaire Diouldé n’a jamais fait de la chanson un instrument de recherche de privilèges. Après plusieurs décennies de carrière, il signe Allah Yen Weldou, une œuvre qu’il présente comme un hommage au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, et comme un appel à l’unité des Guinéens. Rencontre avec un artiste qui revendique une démarche guidée par la conviction.
Originaire de Pétel Baleyah, dans la préfecture de Mamou, Commissaire Diouldé grandit dans un environnement où la musique occupe une place importante. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le chant et intègre très tôt des formations artistiques qui marqueront le paysage culturel guinéen.
Au début des années 1970, il évolue aux côtés de Sarsan, du commandant Yalaman et de Barry Mawdhô Dhougou, originaire de Pita.
Ensemble, ils créent une troupe artistique qui participe à plusieurs manifestations culturelles à travers le pays. L’aventure se poursuit ensuite avec la troupe Sarsan Wourekaba, jusqu’au festival organisé à Conakry en 1973, avant que l’artiste ne choisisse de suivre sa propre voie.
Même lorsqu’il s’éloigne de la scène, Commissaire Diouldé affirme n’avoir jamais abandonné la musique. Pour lui, une chanson n’est pas seulement un divertissement : c’est un moyen d’éveiller les consciences et de transmettre des valeurs.
Cette philosophie explique la naissance de son dernier titre, « Allah Yen Weldou ». Contrairement à ce que certains pourraient penser, il insiste sur le fait qu’il ne s’agit ni d’une commande ni d’une démarche intéressée.
« Je n’ai jamais chanté pour un chef d’État. Si aujourd’hui j’ai dédié cette chanson au Président Mamadi Doumbouya, c’est parce que j’ai été touché par ce que j’ai observé sur le terrain. Je n’ai rien demandé et je n’attends rien en retour. »
L’artiste explique avoir suivi avec attention les différents chantiers engagés à travers le pays. Les travaux routiers reliant Mamou à Labé, Faranah à N’Zérékoré, les infrastructures vers Kankan ainsi que les nombreux projets réalisés à Conakry constituent, selon lui, des signes d’une volonté de moderniser la Guinée.
Mais l’initiative qui retient le plus son attention demeure le programme Simandou 2040. Il y voit une ambition capable de transformer durablement l’économie nationale grâce à l’industrialisation et à la valorisation locale des ressources minières.
« Ce qui m’a le plus marqué, c’est la volonté de créer des usines de transformation en Guinée. Si nos richesses sont transformées ici, ce sont les fils du pays qui en bénéficieront. C’est cela qui m’a poussé à écrire cette chanson. »
Au-delà des infrastructures, Commissaire Diouldé dit avoir été sensible aux messages de rassemblement portés par le Chef de l’État. Il évoque notamment son premier discours appelant les Guinéens à rester unis, ainsi que ses déplacements dans les différentes régions du pays.
Pour l’artiste, ces gestes traduisent une volonté de dépasser les clivages régionaux et ethniques.
« Quand les Guinéens travaillent ensemble dans la confiance et la sincérité, le pays avance. Nous devons arrêter les divisions. Il n’y a pas une ethnie au-dessus d’une autre. Nous appartenons tous à la même nation. »
À travers Allah Yen Weldou, Commissaire Diouldé souhaite avant tout susciter la réflexion. Selon lui, la musique possède une force que n’ont pas toujours les discours ou les textes écrits.
« Si j’écris un livre, tout le monde ne le lira pas. Mais une chanson peut être écoutée par les jeunes, comprise par les anciens et porter un message jusqu’au plus petit village. »
Son objectif n’est donc pas de faire danser son public, mais de transmettre un message de paix, de patriotisme et de responsabilité.
Aujourd’hui, il appelle les responsables publics à servir la nation avec loyauté et à placer les intérêts des Guinéens au-dessus de toute autre considération. Il invite également la jeunesse à croire en son pays et à participer à son développement.
À travers son parcours, Commissaire Diouldé reste fidèle à une conviction simple : la musique peut être un instrument de sensibilisation et un vecteur de cohésion sociale. Avec « Allah Yen Weldou », il signe une œuvre qu’il présente comme un témoignage de reconnaissance, mais surtout comme une invitation à l’unité nationale et à l’amour de la Guinée.
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