À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée chaque 19 août, nous avons rencontré Baldé Paparazzi, photographe guinéen passionné et témoin visuel de son époque. Il nous parle de son métier, de son évolution en Guinée, et du rôle de la photo dans la société.
Quelle signification a pour vous la Journée mondiale de la photographie ?
Baldé Paparazzi : Bonjour, et merci pour l’invitation. Pour moi, cette journée est un moment de reconnaissance pour notre métier. Ce n’est pas seulement prendre des images, c’est capturer des émotions, des luttes, des joies. C’est une forme d’écriture visuelle qui traverse le temps. C’est aussi l’occasion de se rappeler que derrière chaque photo, il y a un œil, une sensibilité, une histoire.
Comment la photographie a-t-elle évolué en Guinée depuis vos débuts ?
Baldé Paparazzi : Quand j’ai commencé, on travaillait encore beaucoup avec les appareils argentiques. Il fallait réfléchir à chaque cliché, car la pellicule était chère et limitée. Aujourd’hui, avec le numérique et surtout les smartphones, tout le monde peut prendre une photo. Ça a démocratisé l’image, mais ça a aussi changé notre manière de travailler. Il faut aller plus loin pour se démarquer : dans le cadrage, la lumière, la narration.
Pensez-vous que cette évolution a eu un impact positif sur votre métier ?
Baldé Paparazzi : Il y a du bon et du moins bon. Le côté positif, c’est que les jeunes s’intéressent à la photo plus tôt, ils expérimentent, ils créent. Mais le revers, c’est que tout le monde se dit photographe. Or, photographier, ce n’est pas seulement appuyer sur un bouton. Il faut une vision, une intention. Il faut aussi respecter une éthique, surtout quand on touche à la photo documentaire ou sociale.
Qu’est-ce qu’une photo réussie pour vous ?
Baldé Paparazzi : Une photo réussie, c’est celle qui provoque une émotion ou une réflexion. Ce n’est pas forcément la plus nette ou la plus colorée. Une image peut déranger, choquer, attendrir. Si elle fait parler, si elle reste dans la mémoire, alors c’est qu’elle a touché quelque chose d’humain.
Quel rôle la photographie joue-t-elle dans la société guinéenne ?
Baldé Paparazzi : Elle a un rôle essentiel. Elle documente notre histoire, nos traditions, nos mutations. Elle donne une voix aux invisibles. Par exemple, à travers mes projets, j’essaie de mettre en lumière des réalités sociales qu’on oublie trop souvent : la jeunesse des quartiers, les femmes travailleuses, la vie rurale. Une photo peut raconter ce qu’un discours de deux heures ne dira jamais.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui veulent devenir photographes ?
Baldé Paparazzi : Je leur dirais d’abord : soyez curieux, observez. Ensuite : formez-vous, apprenez la technique mais aussi l’éthique. Enfin, soyez patients. Ce métier demande de la passion, mais aussi de l’endurance. La photo n’est pas juste un moyen de gagner de l’argent, c’est un outil de changement, de mémoire et de beauté.
Un dernier mot pour conclure cette journée spéciale ?
Que cette journée soit l’occasion de célébrer toutes les formes de photographie : de rue, de studio, de presse, artistique. Et surtout, de se rappeler que derrière chaque image marquante, il y a un regard qui mérite d’être vu et entendu.
Propos recueillis par : Mbnty Soumah
Conakry 19 août 2025
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