Le visage marqué par la fatigue et la honte, Traoré, une mère de trois enfants résidant à Dixinn, a livré un témoignage bouleversant après son arrestation pour détention et vente de drogue. Séparée de son mari et livrée à elle-même, elle a déclaré devant les autorités qu’elle ne mesurait pas la gravité de ses actes :
« Je voulais juste subvenir aux besoins de mes enfants… Je ne savais pas que c’était si grave. »
C’est dans le cadre de l’opération nationale « Épervier », une campagne musclée contre la Kush et ses réseaux de distribution, que Traoré a été interpellée. Une importante quantité de drogue a été retrouvée sur elle. Face aux forces de l’ordre, elle a reconnu les faits et supplié les autorités de faire preuve de clémence.
Mais au-delà de sa propre situation, Traoré a lancé un appel fort :
« Cette drogue détruit la jeunesse. Je demande pardon, mais je souhaite aussi que la lutte continue. »
Une saisie record : 18 kg de Kush arrachés au marché noir
Depuis le lancement de l’opération Épervier, environ 18 kilogrammes de Kush ont été saisis par les services de police. Une quantité jugée exceptionnelle, comme l’a souligné le Commissaire Foromo, en charge du dossier :
« Cela peut paraître peu, mais pour ce type de produit, c’est énorme. Les trafiquants circulent généralement avec à peine 100 à 200 grammes sur eux. »
La Kush, dérivée de fleurs rares, est particulièrement difficile à produire en grande quantité. Selon les experts, il faut plusieurs kilos de matière végétale pour obtenir seulement un kilogramme de cette drogue prisée, notamment par les jeunes.
L’arrestation de Traoré illustre les failles sociales que les trafiquants exploitent : pauvreté, solitude, précarité. Elle met également en lumière l’importance d’un accompagnement social en parallèle des opérations policières.
Alors que l’opération Épervier se poursuit, les autorités guinéennes font face à un dilemme : comment éradiquer un fléau qui s’enracine dans la misère quotidienne ? La Kush, vendue à bas prix et hautement addictive, continue de faire des ravages dans les quartiers populaires.
Les témoignages comme celui de Traoré sont autant d’alertes lancées à l’État, aux ONG et aux familles : la lutte contre la drogue ne peut se limiter aux saisies et arrestations.
Elle exige éducation, prévention, et surtout alternatives sociales concrètes pour ceux qui, comme Traoré, franchissent la ligne rouge par désespoir.
Conakry 9 juillet 2025
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