À Labé, la question du droit d’auteur s’invite au cœur des débats culturels à l’occasion du Festival des arts et du rire de Labé. Ce mercredi, un panel animé par Moussa Fofana, directeur général du Bureau guinéen du droit d’auteur, a réuni artistes et acteurs culturels autour d’un enjeu majeur : la compréhension et l’application effective des droits d’auteur en Guinée.

Initiée par Mamadou Thug, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de renforcer les capacités des créateurs locaux, souvent confrontés à une méconnaissance de leurs droits. « Nous avons estimé que c’était une opportunité de discuter du droit d’auteur », a expliqué Moussa Fofana.
Au cœur des échanges : la gestion collective des droits, les mécanismes de rémunération dans les secteurs public et privé, ainsi que les dimensions morale et patrimoniale du droit d’auteur.
Le panel a suscité un vif intérêt parmi les participants, notamment les artistes, de plus en plus conscients de la nécessité de mieux protéger leurs œuvres. Les discussions ont permis de mettre en lumière les règles encadrant la collecte et la redistribution des revenus générés par l’exploitation artistique, un aspect souvent négligé dans l’écosystème culturel local.
Parmi les voix marquantes, celle de Néné Diabhata, artiste engagée, a particulièrement retenu l’attention. Elle a salué une intervention « éclairante », comparant même le directeur du BGDA à « un pasteur qui délivre ses fidèles ».
« On ne connaissait pas nos droits », a-t-elle confié, évoquant les difficultés quotidiennes des artistes guinéens, contraints de survivre sans une rémunération équitable de leurs œuvres.
Elle a notamment soulevé une problématique récurrente : l’exploitation de la musique dans les espaces publics comme les boîtes de nuit, sans compensation pour les créateurs. « Je me suis toujours demandé comment un artiste peut être rémunéré à travers sa musique dans ces lieux. Aujourd’hui, nous comprenons enfin le processus », a-t-elle ajouté.
Au-delà des constats, ce panel marque un tournant dans la sensibilisation des artistes guinéens. Il souligne l’urgence d’une meilleure application des textes existants et d’un engagement collectif pour faire respecter les droits d’auteur. « Nous devons connaître nos droits », a insisté Néné Diabaté, appelant à mettre fin à la précarité persistante dans le secteur.
À Labé, ce dialogue entre institution et créateurs ouvre ainsi la voie à une prise de conscience essentielle pour l’avenir de la scène artistique guinéenne.
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