Le tissage guinéen, véritable patrimoine millénaire, semble de plus en plus laissé pour compte. Joint par téléphone par la rédaction de Loupeguinee.com, Samba Djouma, un tisserand expérimenté de la Moyenne Guinée, exprime son désarroi face à l’inaction du ministère de la Culture. Ce dernier, selon lui, abandonne un secteur vital à l’identité et à l’économie locale.
Samba Djouma, dont la famille pratique ce métier ancestral depuis des générations, explique : « Le tissage n’est pas juste un métier pour nous, c’est notre héritage. Nous transformons le coton, la laine, et le chanvre en étoffes qui habillent nos communautés depuis des siècles. Mais aujourd’hui, ce savoir-faire est menacé, car nous manquons de soutien, et les jeunes se détournent de ce métier. »
Le tisserand souligne que l’absence d’investissement du gouvernement est l’une des causes majeures de cette crise. « Il y a un manque de volonté politique. Le ministère de la Culture nous promet souvent du soutien, mais nous ne voyons rien venir. Nos outils sont obsolètes, et nous n’avons pas les moyens de moderniser nos ateliers. Beaucoup de tisserands abandonnent ou cherchent des alternatives pour survivre. »
Cette situation s’aggrave par l’importation massive de tissus étrangers bon marché, qui rend la concurrence presque insoutenable pour les artisans locaux. « Nos tissus sont de qualité supérieure, mais ils coûtent plus cher à produire. Si l’État ne nous aide pas à protéger et promouvoir notre artisanat, nous allons disparaître », prévient Samba Djouma.
Malgré tout, le tisserand garde espoir. Il appelle à une meilleure reconnaissance de leur métier : « Si nous recevons l’appui nécessaire pour moderniser nos techniques, améliorer notre visibilité, et former la jeune génération, nous pourrons sauver le tissage guinéen. Mais pour cela, il faut que le ministère de la Culture réagisse maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.»
Le tissage, autrefois pilier économique et culturel, pourrait bien devenir un souvenir lointain si des actions concrètes ne sont pas prises. Ce cri d’alerte lancé par Samba Djouma et d’autres artisans à travers la Guinée est un appel à la préservation d’un savoir-faire qui incarne l’identité même du pays.
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