Dans de nombreuses cultures musulmanes, le mois sacré du Ramadan est un moment de spiritualité et de partage.
Un aspect fascinant de cette tradition est la capacité des femmes musulmanes à préparer des repas pour la rupture du jeûne sans même les goûter. Pourtant, malgré le jeûne, elles réussissent à équilibrer parfaitement les saveurs. Pour comprendre ce phénomène, nous avons interrogé trois femmes guinéennes : Aminata Soumah, Binta Bah et Houssenatou Sylla, toutes connues pour leur talent culinaire.
Aminata Soumah : Une question de tradition et d’expérience
Aminata Soumah, une cuisinière expérimentée de Conakry, souligne que l’art de préparer un repas sans goûter repose avant tout sur la tradition et l’expérience. « Depuis mon enfance, j’ai vu ma mère et mes tantes faire la même chose. On apprend à connaître les quantités d’épices, de sel, et d’ingrédients en fonction de la taille de la marmite ou du nombre de convives. C’est quelque chose qui devient presque instinctif avec le temps », explique-t-elle.
Elle mentionne également l’importance de la patience et de l’observation : « Quand on cuisine régulièrement, on sait à quoi ressemblent les bons dosages. L’odeur, la couleur, et même la texture du plat nous guident. »
Binta Bah : La connexion avec la foi
Pour Binta Bah, préparer des repas sans goûter pendant le jeûne est aussi une question de foi. « C’est un acte spirituel en soi. On jeûne pour se rapprocher de Dieu, et la préparation des repas fait partie de cette dévotion. Dieu nous guide et nous donne la force de réussir nos plats sans avoir à les goûter », partage-t-elle.
Elle ajoute qu’elle fait confiance à son instinct et à son savoir-faire acquis au fil des ans. « Chaque jour, je prépare les mêmes plats pendant le Ramadan. Au bout de quelques années, je connais parfaitement les proportions. Mon palais se souvient de ce qui est juste, même si je ne goûte pas. »
Houssenatou Sylla : L’importance de la mesure
Houssenatou Sylla, une autre femme musulmane talentueuse, révèle une approche plus méthodique. « Je mesure toujours mes ingrédients avec soin. Par exemple, pour une marmite de riz, je sais exactement combien de sel et d’épices il faut ajouter. Il n’y a pas de hasard », affirme-t-elle.
Elle souligne que la préparation des repas pendant le Ramadan demande une grande organisation : « Nous planifions à l’avance et savons ce que chaque membre de la famille aime. Ainsi, il y a peu de place pour l’erreur. »
Le mystère derrière les repas parfaitement assaisonnés préparés sans dégustation pendant le Ramadan trouve ses racines dans l’expérience, la foi et la tradition.
Les femmes comme Aminata Soumah, Binta Bah et Houssenatou Sylla perpétuent un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, alliant spiritualité et expertise culinaire.
Pour elles, cuisiner n’est pas seulement un acte physique, mais une forme d’expression de leur dévotion, une compétence acquise par la pratique, et un hommage aux coutumes familiales.
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