LETTRE N°III
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
AU TITRE DE MA CONTRIBUTION PERSONNELLE à vous apporter le meilleur éclairage pour la bonne visibilité de votre parcours décennal, je me suis offert une mission sans frais en vue de vous faire toucher du doigt ce que votre gouvernance a coûté aux Guinéens. Pour l’exécution de cette mission à la fois volontaire et de bonne foi, je me suis permis de prendre pour échantillonnage la Presqu’ile de Kaloum, RESIDENCE OFFICIELLE DE VOTRE AUTORITE.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
La presqu’île de Kaloum offre aujourd’hui l’image d’un champ de patates qui vient d’être soumis à l’extraction des tubercules pour éradiquer la grande famine qui taraude sans pitié les Kalomikas.
A Kaloum, se bousculent les immeubles appartenant aux nouveaux riches de nationalités différentes.
A Kaloum, on a des difficultés de distinguer la bonne graine de l’ivraie.
A Kaloum, l’ancien aussi têtu que le mulet, refuse, au grand dam des kalomikas, de céder la place au nouveau, porteur d’espoir et d’espérance. Un véritable combat générationnel à contenir pour le salut de la cité.
A Kaloum, hélas, capitale de la République de Guinée, se sont donné rendezvous les pires maux qui déshonorent, dégradent et qui mettent à nu ce que nous avons pensé être les meilleurs échantillonnages de nos progrès étalés sur plus de 60 années de Souveraineté Nationale.
Kaloum demeure irréfutablement le meilleur tableau faisant la synthèse des résultats de l’enquête et de l’évaluation de votre Gouvernance décennale. Hier considérée comme perle de l’Afrique selon la France coloniale, cette ville, dans son existence actuelle, résume l’ensemble de nos collectivités territoriales, toutes atteintes de décadence inquiétante.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Pour conclure ce descriptif à mon avis peu flatteur, je vous prie, vous supplie de bien vouloir accepter de vous imposer cette petite balade à travers les rues, les avenues et les boulevards de Kaloum pour vous convaincre, de la manière la plus éloquente, de ce qu’est devenu aujourd’hui Kaloum.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Aujourd’hui, tous les guinéens hommes et femmes, toutes catégories sociales confondues, ruminent, non pas à l’image des moutons, les douloureuses conclusions auxquelles ils ont abouti sur la gouvernance décennale sous votre Magister. Ils ont tous une image décalée de la Guinée d’hier par rapport à celle d’aujourd’hui.
Chemin faisant, ils seraient encore aujourd’hui puissamment mobilisés pour un sursaut d’élan national autrement appelé synergie pour la remise de leur pays sur les rails, à la seule et unique condition que les Hautes Autorités confessent leur degré de responsabilité dans cette tristesse nationale.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Cette présentation sommaire des résultats issus de ma mission libre cours est donné à chaque citoyen, lui aussi et lui surtout, d’exposer à la place publique, dans les formes requises, ce qu’ils retient de votre Gouvernance sans être menacé de restriction de sa liberté de se mouvoir en tout lieu et à tout moment.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Le deuxième volet de mon compte-rendu porte sur la batterie des mesures correctives que j’ai le bonheur et le plaisir de soumettre à votre haute appréciation en vue de pouvoir vous aider à améliorer et dynamiser le reste des meubles.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Au regard de tout ce qui précède sur la situation actuelle de notre pays, je voudrais respectueusement vous proposer de soumettre la renégociation de contrat de confiance vous liant aux guinéens.
S’agissant des sanctions à infliger éventuellement à tous ceux qui se seraient rendus coupables de malversations financières et/ou matérielles, le Peuple vous observe, vous écoute et attend de vous voir Gouverner Autrement.
Au nombre de ces mesures, on pourrait citer :
Premièrement : Les services de renseignements généraux, que je salue de passage, ne doivent désormais vous remonter que ce qui pourrait être susceptible d’améliorer objectivement votre vue sur l’ensemble des réalités nationales.
Dans ce cadre, ils devront pouvoir systématiquement s’éloigner des sirènes de flatteries et de mensonges.
Deuxièmement : Tenir compte des observations et critiques objectives de l’opposition démocratique, ce qui a efficacement, à l’époque, aider le Général Lansana Conté à garder le pouvoir pendant 24 ans. Vous en savez quelque chose Excellence Monsieur le Président de la République.
Pour les quatre (4) communautés ci-dessous, prière accepté de solliciter leurs avis toutes les fois qu’il sera question des problèmes d’intérêt national.
a) La communauté de nos sages éloignés des quartiers généraux des Partis politiques, des centres de mouvements de soutien où tout se conçoit et se fait intentionnellement.
b) La communauté des anciens gestionnaires de la cité dont beaucoup sont pétris d’expérience et de savoir faire avéré dans tout les domaines concernés par notre développement socio-économique, assis à leur résidence privée entrain de se tordre ou de masser les doigts faute d’occupations.
c) la communauté des amis avec lesquels vous avez partagé la vie, aussi bien en mal qu’en bien.
d) la communauté internationale au service exclusif des valeurs humaines ayant pour noms entre autres : la dignité dans la liberté, la solidarité internationale, de la justice et de la paix, la tolérance, la sauvegarde des droits de l’homme et l’ensemble des principes démocratiques en vigueur depuis l’Antiquité gréco-latine, une référence sûre à nulle autre pareille.
Troisième: Votre acceptation volontaire à vous soumettre et à respecter rigoureusement la chaine des rigueurs du protocole d’Etat.
Quatrièment: La nécessité absolue de vous doter d’une communication officielle de qualité pour le plus grand bonheur de la souveraineté nationale.
Dans cette démarche, toutes les initiatives d’où qu’elles viendraient, pourvu qu’elles soient revêtues de bonne foi pourraient être les bienvenues. L’armée des redresseurs de la présente situation devront, à l’image du laboureur, savoir fouiller, savoir bêcher, tourner et retourner et ne surtout pas laisser d’espace, de place où l’esprit ne saurait pouvoir s’introduire.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Comme dans les deux premières lettres ouvertes, je souhaite pouvoir conclure également la présente par des prières soutenues à l’effet de pouvoir obtenir de vous la liberté de nos frères et sœurs en souffrance dans nos prisons.
EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Vous en souhaitant bonne réception, veuillez agréer Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très profonde gratitude et celle de ma très haute considération.
Que Dieu bénisse et protège notre Pays et son Peuple.
Conakry le 15 Mars 2021.
Honorable Elhadj Sékou Béka Bangoura
Contact : 625 31 82 97
Dabompa Commune de MATOTO Conakry



