Dans le tumulte politique que traverse la Guinée à l’approche de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, certaines voix s’élèvent avec une histoire qui dépasse le simple cadre électoral. Parmi elles, celle de Makhissa Bangoura, également connue sous le nom de Makhissa Sossé Fanyi, survivante des massacres du 28 septembre 2009, ancienne militante de l’UFDG et aujourd’hui fervente soutien du président de transition, Mamadi Doumbouya.
Nous l’avons rencontrée à Conakry pour comprendre son parcours, son combat, et les raisons de son engagement actuel.
« Je m’appelle Makhissa Bangoura »
D’emblée, la jeune femme pose son histoire avec simplicité, mais aussi avec la gravité de ceux qui ont traversé l’irréparable.
« Nous les victimes du 28 septembre 2009, nous avons longtemps vécu dans le silence, la peur et la honte. Beaucoup n’osaient même plus dire qu’elles avaient été touchées par cet événement. Certaines femmes ont perdu leur foyer. D’autres ont perdu leurs enfants. Plusieurs survivants vivent encore paralysés, enfermés dans la douleur. »
Pour Makhissa, témoigner aujourd’hui reste un acte à la fois douloureux et nécessaire. La reconnaissance, selon elle, venue avec Mamadi Doumbouya.
Sur un ton empreint d’émotion, Makhissa explique ce qui, selon elle, a changé ces dernières années.
« Quand le président Mamadi Doumbouya est arrivé, il n’était pas là en 2009. Mais il est venu essuyer nos larmes. Il nous a indemnisés. Il nous a redonné une dignité que beaucoup avaient perdue. »
Elle insiste sur le fait que pour de nombreuses victimes, cette reconnaissance officielle a marqué un tournant.
« Avant, on vivait repliés. Aujourd’hui, on peut dire qui nous sommes. Doumbouya nous a montré que le problème d’un Guinéen est son problème. »
Un soutien assumé pour la présidentielle de 2025
À un mois du scrutin, Makhissa ne cache ni son engagement ni son message à la population.
« C’est pourquoi nous sommes derrière sa candidature. Je demande à tous les Guinéens de voter pour Mamadi Doumbouya le 28 décembre 2025. »
Elle ajoute : « On dit qu’il est entré par la fenêtre, mais regardez ce qu’il a fait : les routes, les hôpitaux, les écoles, l’amélioration des pensions, les artistes qui vivent mieux… Pour moi, il est en train de rentrer par la grande porte. »
Selon elle, si l’actuel chef de la transition venait à remporter l’élection, « la Guinée pourrait devenir un Eldorado africain ».
Un témoignage parmi d’autres, dans un contexte politique sous tension
Alors que Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, prépare une candidature qui suscite débats et controverses au niveau national et international, la parole de Makhissa illustre l’un des nombreux points de vue au sein d’une société guinéenne profondément divisée.
Pour cette survivante, son soutien n’est pas dicté par un calcul politique, mais par son vécu personnel :
« Le 28 décembre, j’espère qu’il rentrera par la grande porte pour faire de la Guinée un vrai paradis. »
Un pays face à ses mémoires et à son avenir
L’histoire de Makhissa Bangoura rappelle que derrière chaque choix politique, chaque campagne, chaque prise de position, il y a des trajectoires humaines.
Des douleurs non résolues.
Des attentes.
Des espoirs.
À l’approche d’une élection historique, la Guinée continue de naviguer entre le poids de son passé et la quête d’un futur apaisé.
Conakry 25 novembre 2025
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