Conakry, 1er mai 2025 – Face à une malnutrition galopante qui frappe silencieusement des milliers d’enfants guinéens, un nouveau front de lutte vient de s’ouvrir. L’Association des Journalistes Guinéens pour la Nutrition (AJGN) a été officiellement lancée ce jeudi à Conakry, lors d’une conférence de presse riche en engagements et en émotions.
À la tête de cette initiative, Mariam Sidibé, journaliste chevronnée et désormais présidente de l’AJGN, a dressé un constat alarmant : la malnutrition est une crise de santé publique ignorée, mais meurtrière. « Nous sommes aussi des éducateurs, des lanceurs d’alerte, des porteurs de changement social. Informer sur la malnutrition, c’est sauver des vies », a-t-elle martelé.
Pour elle, le rôle du journaliste ne se limite pas à relater des faits. Il s’agit d’expliquer, vulgariser, sensibiliser et interpeller. Elle appelle ainsi les médias à produire des contenus éducatifs, interactifs et engagés, en collaboration avec des experts et les communautés elles-mêmes. Objectif : briser les tabous, identifier les freins culturels et proposer des solutions locales.
Mme Sidibé insiste également sur la nécessité de mettre en lumière les défaillances des politiques alimentaires et de suivre de près les engagements des autorités. « Nos reportages peuvent faire bouger les lignes, encourager les familles à adopter de meilleures pratiques alimentaires et faire pression pour des réformes durables », a-t-elle souligné.
Le message est clair : la lutte contre la malnutrition ne peut se faire sans une presse outillée, vigilante et mobilisée.
Présent à la cérémonie, le Dr Facely Camara, directeur national adjoint de la santé familiale et nutrition, a confirmé l’ampleur du problème. « La malnutrition aiguë touche 6 % des enfants guinéens. Mais le plus inquiétant, c’est la malnutrition chronique : elle concerne près de 26 % des enfants et freine le développement du pays », a-t-il déclaré. Pour lui, la solution ne se limite pas à la nourriture, mais passe aussi par des changements de comportement et d’éducation nutritionnelle.
Le soutien des partenaires n’a pas tardé. Le représentant de l’UNICEF, Dr Théophile Bassimba, a salué le courage de l’AJGN. Le CNOSC et la primature, par la voix de leurs représentants, ont également promis leur appui, reconnaissant que la malnutrition est un problème à la fois social, économique et politique.
En guise de conclusion, Dr Alphonse Sakovogui a invité les journalistes à communiquer sur les « 5 M », véritables sources potentielles de maladie : Matières premières, Milieu, Main d’œuvre, Matériel, et Méthode.
L’AJGN entend désormais faire de la nutrition une priorité médiatique. Un nouveau souffle se lève pour une Guinée plus informée, plus saine et plus forte.
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