À trois jours du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025, les autorités guinéennes ont annoncé la création de l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum Constitutionnel (ONASUR). Présidé par l’ancien ministre et figure de la société civile, Dr Sékou Koureissy Condé, cet organe est composé de dix membres issus d’horizons institutionnels et associatifs. Sa mission officielle : garantir la transparence et la crédibilité du scrutin.
Mais cette annonce suscite déjà de vives critiques dans les rangs de l’opposition. Intervenant lors d’une conférence de presse tenue jeudi 18 septembre à Conakry, Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral (BL), a dénoncé un calendrier qu’il juge « incohérent » et « tardif ».
Selon lui, la mise en place de l’ONASUR aurait dû intervenir bien avant la finalisation du fichier électoral, afin de permettre une supervision réelle du processus.
« Si on voulait un observatoire crédible, on devait l’installer avant même que le fichier électoral ne commence à être conçu. Mais on attend que la campagne soit terminée, que des milliards de francs guinéens soient dépensés, que l’administration soit paralysée pendant trois semaines… et c’est seulement à la veille du scrutin qu’on met en place un observatoire qui prendra service après le référendum ? » a-t-il ironisé, ajoutant :
« Ils seront là pour observer le palais Mohamed V, mais pas pour observer le référendum. »
Cette sortie illustre le climat de méfiance politique qui entoure le référendum constitutionnel, un rendez-vous crucial pour la transition guinéenne.



