49 cas confirmés de Mpox en Guinée. La « variole du singe » refait surface. Entre crainte de contagion et confusion autour de sa gravité, le Dr Ben Youssouf Keita, directeur médical de la polyclinique Best, livre des explications claires et lance un appel à la vigilance.
L’alerte est donnée. Le virus Mpox, plus communément appelé maladie de la variole du singe, circule en Guinée. Selon l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS), 49 cas ont été confirmés à travers le pays. Un chiffre qui pousse les autorités sanitaires à la mobilisation, et les citoyens à s’interroger : Mpox est-elle contagieuse ? Mortelle ? Peut-on l’éviter ?
Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction le Dr Ben Youssouf Keita, médecin infectiologue, a répondu à nos questions. Éclairage.

Qu’est-ce que le virus Mpox et d’où vient-il ?
Dr Keita : Le virus Mpox est une maladie infectieuse d’origine virale, transmise à l’homme par des animaux sauvages, notamment certains primates comme le singe. La première apparition du virus remonte à une trentaine d’années en République Démocratique du Congo (RDC), avant de se propager en Sierra Leone et désormais en Guinée.
Mpox est une maladie contagieuse qui se manifeste par des lésions cutanées sous forme de boutons remplis de liquide. Ces boutons, en éclatant, deviennent des vecteurs de contamination. Le virus se transmet principalement par contact direct : poignée de mains, accolades, ou encore par contact avec des animaux infectés.
Quels sont les symptômes à surveiller ?
La maladie commence par un état de malaise général, une fatigue inhabituelle, parfois accompagnée de fièvre. Puis, apparaissent les boutons, d’abord sur le tronc, avant de se répandre sur le reste du corps.
Ces éruptions cutanées démangent fortement et peuvent s’infecter si elles ne sont pas traitées correctement.
Faut-il s’inquiéter ? Mpox est-elle mortelle ?
Bonne nouvelle, le taux de mortalité est très faible, bien inférieur à celui d’Ebola ou du Covid-19.
Avec ou sans traitement, les lésions disparaissent généralement au bout de 10 jours. Toutefois, elles laissent parfois des cicatrices.
Le centre de traitement de Nongo, à Conakry, est déjà mobilisé pour prendre en charge les cas avérés. Aucun traitement antiviral spécifique n’est encore disponible, mais des antalgiques et antibiotiques peuvent être prescrits pour gérer les complications comme la douleur ou la fièvre.
Que faire face à la menace Mpox ?
Du côté de l’État : Renforcer les contrôles sanitaires aux frontières terrestres ;
Sensibiliser contre la consommation de viande de brousse (rats, singes…) ;
Installer des dispositifs de dépistage (thermoflashs) dans les zones à risque ;
Promouvoir l’hygiène dans les hôpitaux et administrations (lavage des mains, gels antiseptiques…).
Du côté des populations : Les citoyens doivent consulter rapidement en cas de fièvre persistante, de fatigue ou de perte d’appétit. Il faut également éviter les contacts physiques non nécessaires, comme les accolades ou les poignées de mains. Et surtout, se laver les mains systématiquement après tout contact.
La vigilance est de mise, mais la panique n’est pas nécessaire. Le Mpox peut être maîtrisé si les gestes de prévention sont appliqués avec rigueur.
Entretien réalisé par Marliatou Sall
Conakry, 9 juillet 2025
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