C’est un message aux allures de sommation que le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, en charge de la récupération des domaines spoliés de l’État, a adressé ce lundi 28 avril 2025 aux autorités administratives de Kankan. Devant une audience réunie à la maison des jeunes, Mory Condé a averti : aucun Guinéen non recensé ne pourra être inhumé dans un cimetière public.
Le ministre a clairement posé le recensement biométrique de la population comme une obligation nationale. Selon lui, ce processus conditionnera à l’avenir non seulement les déplacements, mais également l’accès aux services funéraires. « Après ce recensement, beaucoup de corps risquent de pourrir dans les maisons si les gens refusent de se faire recenser », a-t-il lancé, d’un ton ferme.
Poursuivant sur sa lancée, Mory Condé a menacé de sanctions sévères les imams et gardiens de cimetière qui transgresseraient les règles. « L’imam qui prie sur un corps sans certificat de décès devra s’expliquer. Et le gardien qui accepte un corps sans papier officiel fera face à la justice », a-t-il prévenu.
Le ministre a justifié ces exigences par les failles constatées lors de l’épidémie d’Ebola, où l’absence de traçabilité avait contribué à la propagation du virus. Il insiste désormais sur la nécessité d’un numéro d’identification pour chaque citoyen, permettant un meilleur suivi médical et administratif.
Cette sortie musclée vise à forcer la mobilisation autour du recensement biométrique lancé le 15 avril à Conakry, qui peine encore à convaincre sur le terrain. Mais avec de telles menaces, le gouvernement espère inverser la tendance et accélérer les inscriptions.
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