Annoncé comme un jalon important pour la modernisation de l’état civil et la préparation du fichier électoral, le recensement biométrique lancé le 15 avril 2025 en Guinée vire déjà au fiasco dans plusieurs centres d’enrôlement. Entre pratiques frauduleuses, extorsions d’argent et confusion généralisée, le processus semble échapper au contrôle des autorités.
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a reconnu la présence d’”individus mal intentionnés” qui, en toute impunité, soutirent de l’argent aux citoyens et exigent la présentation d’un certificat de résidence – un document pourtant non requis par la procédure officielle.
Cette sortie ministérielle, bien qu’alerte tardive, laisse transparaître un profond dysfonctionnement dans l’organisation du recensement. Comment peut-on parler de réforme sérieuse alors que les premières semaines sont déjà marquées par des abus et un encadrement laxiste ?
Le MATD assure que toute personne prise en flagrant délit sera traduite en justice. Mais dans un pays où l’impunité est souvent la norme, ces menaces suffiront-elles à rétablir l’ordre ? Rien n’est moins sûr.
Dans une tentative de rassurer la population, le ministère appelle aussi les agents des commissions de recensement à traiter avec bienveillance les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et les femmes enceintes. Un rappel qui souligne surtout l’absence de dispositifs adaptés dès le départ.
Le recensement biométrique, censé incarner le renouveau administratif, risque aujourd’hui de devenir un symbole de désordre et de méfiance populaire si le gouvernement ne prend pas, dans l’urgence, des mesures concrètes pour sauver ce processus essentiel.
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