L’homme politique guinéen Amadou Thierno Diallo a vivement contesté, ce vendredi, la décision de la Cour suprême déclarant irrecevable sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre prochain. Lors d’une déclaration à la presse, il a dénoncé un « arrêt incompréhensible » qui, selon lui, « fragilise les fondements mêmes de la démocratie guinéenne ».
Le 12 novembre 2025, la Cour suprême a invalidé sa candidature sur la base d’une interprétation administrative jugée « déconnectée des principes de transparence et de sécurité électorale ». Selon l’intéressé, la décision repose notamment sur le fait que son nom n’apparaîtrait dans aucune des listes officielles du 9 novembre — ni celle des candidatures validées, ni celles des candidatures rejetées ou retirées.
Une anomalie que l’ancien ministre qualifie de « situation absurde » équivalant à « une inexistence administrative ».
Estimant que son dossier a été écarté « sans motif valable », Diallo affirme que son recours, introduit pour dénoncer cette incohérence, a été rejeté « sans répondre au fond du problème ».
Pour lui, le verdict traduit moins une décision de justice qu’un « dysfonctionnement grave du processus électoral ».
« Ma candidature n’a pas été rejetée pour incompétence, incapacité ou non-conformité constitutionnelle », a-t-il insisté. « Elle l’a été sans justification solide, en contradiction totale avec les règles élémentaires de droit. »
Un message à l’opinion nationale et internationale
Face à ce qu’il décrit comme un « précédent extrêmement dangereux », Amadou Thierno Diallo a interpellé la communauté internationale, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organisations de défense des droits humains. Selon lui, l’enjeu dépasse largement sa candidature individuelle :
« Il s’agit de la crédibilité du processus électoral guinéen et du respect des standards internationaux en matière d’État de droit. »
Il a appelé les observateurs étrangers à « regarder de près » la situation, estimant que « la démocratie ne peut se consolider dans l’opacité et l’arbitraire ».
« Je reste debout » : un engagement maintenu
Malgré l’issue défavorable de son recours, le leader de l’UGD et du Mouvement Synthèse assure qu’il poursuivra son engagement politique. Il se dit « digne », « respectueux », mais « déterminé ».
Se posant comme défenseur de l’unité nationale et de la transparence dans la gouvernance, il affirme que « la disqualification d’une candidature ne saurait effacer une vision et un combat pour la justice ».
Le rejet de sa candidature intervient dans un climat politique marqué par de fortes attentes autour du scrutin de décembre et par un débat persistant sur l’indépendance des institutions électorales guinéennes.
Conakry 14 novembre 2025
Marlyatou Sall
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